HOMELIE DU 15 JUILLET

Am 7, 12, - 15                                             

Ps 84                                                                             

Eph 1, 3 - 14

Mc 6, 7 - 13                                                   

 

 Les trois textes que nous entendons aujourd’hui nous parlent du choix que Dieu fait de chacun de nous. Dans la magnifique hymne aux Ephésiens (que nous chantons chaque lundi soir aux Vêpres), Saint Paul écrit que Dieu « nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour ». Ce choix de Dieu, gratuit, sans raison, c’est l’amour qui le motive !

 

            Mesurons-nous cela ? Mesurons-nous l’amour dont nous sommes aimés ? Mesurons-nous que par amour pour nous le Christ meurt sur la Croix pour que nous obtenions le pardon de nos fautes ? Nous comprenons alors que nous avons à répondre à l’amour dont nous sommes aimés. Notre vocation, Saint Paul vient de nous le rappeler, c’est que « nous vivions à la louange de la gloire de Dieu », c’est que « nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour ». Normalement, nous avons ce désir inscrit au plus profond de nous-mêmes. Même s’il faut parfois le réveiller ou le susciter, nous avons le désir d’être des saints. C’est notre vocation ultime. Le saint, c’est celui qui essaie, jour après jour, de mettre ses pas dans les pas du Christ. Les saints sont des hommes et des femmes comme nous qui sont passés par les mêmes tribulations que nous. La sainteté, au fond, c’est de reconnaître à quel point nous sommes aimés de toute éternité dans le Fils unique. Nous sommes appelés à devenir semblables au Christ.

 

            Cette ressemblance, c’est ce qui fonde notre mission. Dans l’Evangile, Jésus appelle les Douze sans aucune explication. Ils ne se distinguent par aucun talent particulier. Ils sont juste envoyés en mission deux par deux  par Jésus, sur le seul fondement de l’appel dont ils ont été l’objet. Cet appel, il est totalement gratuit et souverain. La mission qui leur est confiée, c’est de proclamer qu’il faut se convertir. Il s’agit de la conversion exigée par la venue du règne de Dieu. C’est vraiment la proximité du règne qui a pour conséquence l’urgence de la conversion. Les Douze  reçoivent « autorité sur les esprits impurs ». Et pour être plus libres dans la mission, Jésus leur demande de ne pas s’encombrer pour la route. Rien ne doit ralentir le zèle du missionnaire ! Ce dont  ils sont chargés c’est de la prédication. Et si on refuse de la accueillir ou de les écouter, peu importe ! Qu’ils aillent ailleurs ! Cela fait penser à la remarque de sainte Bernadette au curé de Lourdes : « Elle ne m’a pas demandé de vous le faire croire. Elle m’a demandé de vous le dire ! ».

 

            Cette expérience de n’être pas reçu, après avoir été appelé, Amos l’a faite. Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète  Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda (…). Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ». Amos est chassé du pays par le pouvoir officiel. Et pourtant, exactement comme les Apôtres de l’Evangile, il a été simplement appelé  par Dieu à la mission prophétique. Il n’a pas choisi  lui-même sa mission. Il ne l’a même pas désirée : « Je n’étais pas prophète, ni fils de prophète. J’étais bouvier et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël ».

 

            Celui qui, plus que tout autre, a fait l’expérience de n’être ni reçu, ni entendu et encore moins compris, c’est Jésus.


Rappelez-vous l’Evangile de dimanche dernier. Cela l’a conduit à la Croix. Ne nous étonnons donc pas si aujourd’hui (comme toujours), la parole de l’Eglise n’est pas entendue.

 

            Ce qu’il nous faut sans doute retenir aujourd’hui, c’est que notre vie est une réponse à l’appel de Dieu qui est toujours premier ! « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jn15, 16).

 

            Demandons à Dieu que chacun de nous, répondant à sa vocation, puisse porter du fruit dans l’Eglise pour le monde. Rappelons-nous, nous sommes choisis par Dieu de toute éternité.

 

 

                                                                                   Amen !                                            

                                                                       Père Hervé Géniteau 

 

 

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