Homélie du 18 mars

Ez 37,  12-14                                         Dimanche  18 mars 2018                  

Ps 5, 8-14                                                  5ème dimanche Carême B

Rm 8, 8-11                                                       (Textes Année A)         

Jn 9, 1-41                                                                                   

 

 

 Nous poursuivons notre marche vers Pâques, en entendant aujourd’hui ce chapitre 11 de Saint Jean  qui nous relate  l’évènement de la résurrection de Lazare. Où en sommes-nous  dans notre parcours ? Il y a deux semaines, la rencontre entre Jésus et la Samaritaine nous révélait  que Jésus est le sauveur du monde. Dimanche dernier, en guérissant l’aveugle de naissance, Jésus  se révélait comme la lumière du monde. Et aujourd’hui, il se manifeste comme celui qui est la résurrection et la vie, comme celui qui fait sortir de la mort.  « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »

            Vous avez remarqué que la mort est très présente dans les trois lectures de ce matin. Et la mort, on la connaît bien. Elle nous frappe tous, dans nos familles et dans le monde. La mort est partout, tout le temps et pour tout le monde. Alors, comment croire que le Christ est la vie ? Si les hommes meurent, c’est que Dieu n’est pas Dieu, ou bien que le Christ est impuissant en vérité car il ne peut nous empêcher de mourir.

            Et malgré cela, nos lectures de ce jour, tout en nous parlant de la mort, sont orientées vers la vie. C’est donc que la lumière de Pâques commence à poindre. Ce que nous dit Jésus, c’est que la mort est un passage vers la vie. Ezéchiel avait déjà prophétisé cela : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter(…). Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez ». Dans sa résurrection au petit matin de Pâques, Jésus accomplit cette prophétie.

            Nous croyons donc en un Dieu de vie. Et non pas de mort. Dieu n’a pas fait la mort. Et bien, c’est cette vie de Dieu que nous avons à accueillir  et qui doit grandir chaque jour en nous. C’est cette vie de Dieu que nous avons reçue à notre baptême et que les catéchumènes se préparent  à recevoir dans la nuit de Pâques.

            Dans l’Evangile de Saint Jean, la résurrection de Lazare est le dernier signe de Jésus avant sa Passion. Elle devient l’occasion immédiate de son arrestation. Celui qui va librement au-devant de la  mort, veut d’abord voir la mort en face. C’est pourquoi, il laisse réellement mourir Lazare malgré les demandes de Marthe et de Marie. Il veut se tenir devant le tombeau de son ami, saisi d’émotion, bouleversé et en pleurs.

            Puis les évènements se précipitent. Jésus donne l’ordre d’enlever la pierre. Il prie son Père. Il appelle la mort d’une voix forte « Lazare viens dehors ! » « Et le mort sortit »  nous dit Saint Jean. Jésus se manifeste comme le Maître de la vie. En demandant à Lazare de venir dehors, il lui demande en fait de venir vers lui.

            La mission de Jésus nous est dite, ici, dans cet évangile. Ce qu’il veut pour nous, c’est nous faire sortir du tombeau, non pas pour quelques mois, ou quelques années, comme Lazare, mais pour toujours. La résurrection de Lazare  n’est pas la promesse que nous échapperons à la mort. Tous, nous serons un jour dans un tombeau. Mais la vie que Dieu a déposée en nous à notre baptême ne s’éteindra pas. La mort (du tombeau) reste un passage obligé vers la vie  (éternelle). Thérèse de Lisieux dit « Je ne meurs pas. J’entre dans la vie ». Lorsque Jésus dit dans notre évangile qu’il est la résurrection et la vie, il l’est, de fait, en plénitude. Cette affirmation de Jésus provoque l’acte de foi de Marthe : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui  qui vient dans le monde ». Marthe confesse le Christ dans sa plénitude.

            Croyons-nous vraiment que nous sommes appelés à ressusciter à la suite du Christ ?  Nous le disons pourtant chaque dimanche « Je crois en la résurrection des morts ». Ce n’est pas  d’une résurrection  comme celle de Lazare dont il s’agit. La résurrection à laquelle nous sommes promis nous prend à la racine de nous-mêmes.

            Alors que nous approchons de la célébration du mystère pascal, prions le Seigneur. Qu’il ravive en nous la conviction que Dieu  ne veut pas la mort du pécheur, mais sa conversion et sa vie. Que cette certitude  ouvre nos cœurs pour accueillir la miséricorde et le pardon de Dieu, afin que nous soyons capables de demander à Dieu de nous pardonner en recevant le Sacrement de réconciliation. Le sacrement du pardon ressuscite notre baptême. Recevons-le avant Pâques.

 

                                                                                              Amen !

 

                                                                                  Père Hervé Géniteau 

 

 

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