HOMELIE DU 18 NOVEMBRE 2018

Dn 12,1-3

Ps 15 

Heb 10,11-18 

Mc 13,24-32

 

Le chapitre 13 de l’Evangile selon saint Marc, dont nous entendons un extrait aujourd’hui, contient ce que nous appelons le « discours eschatologique », c'est-à-dire les paroles de Jésus sur la fin des temps. C’est un discours, et un style surtout, qui ne nous est pas immédiatement familier. Dans le langage eschatologique, Jésus évoque les réalités dernières quand il parle de la venue du Fils de l’homme, il rejoint des prophéties anciennes dont nous avons entendu un extrait dans le livre de Daniel. Il rejoint surtout l’attente profonde et l’espérance d’Israël qui aspire à la délivrance qu’apportera cette venue du Fils de l’homme.  Jésus évoque des bouleversements dans l’histoire des hommes et dans l’équilibre de l’univers : les étoiles tomberont du ciel, le ciel s’obscurcira etc… Tous ces phénomènes sont associés habituellement à la fin du monde et au temps du jugement. Et au fond, la question que nous nous posons tous, c’est celle que posent les disciples au début du chapitre 13 : « Dis-nous quand cela arrivera et quel sera le signe lorsque tout cela va se terminer » (Mc13,4). Or le Christ n’évoque pas son retour glorieux pour satisfaire la curiosité récurrente qui cherche à connaître le moment de la fin des temps. Il nous prévient que nul ne connaît le jour et l’heure de son retour, « pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »

Soyons clairs : la révélation biblique et évangélique n’essaye pas d’apporter une réponse à cette question, mais elle nous permet de nous préparer à cet évènement, non pas en le rejetant dans un avenir indéterminé, mais en le plaçant dans l’aujourd’hui de nos existences. Jésus vient de nous le dire : « Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive ». Jésus ne cherche pas à nous dire que la fin des temps est pour aujourd’hui ou pour demain, mais il vient nous aider à entrer dans une manière d’appréhender le temps d’une manière qui ne nous est pas familière. En effet, nous comprenons le temps et l’histoire comme une succession d’époques qui viennent après d’autres époques. Mais Dieu n’est pas dans le temps. Il voit les choses dans un éternel présent qui saisit l’ensemble du temps depuis la création du monde jusqu’au retour du Fils. Nous pensons toujours passé, présent et avenir. Dieu réalise tout dans un même présent. Si bien que le retour du Christ à la fin du temps se situe dans l’aujourd’hui de Dieu. C’est pourquoi le Christ peut dire en vérité : « Cette génération ne passera pas avant que cela arrive ». Non pas parce que nous aurions atteint l’extrémité finale du temps mais parce que par l’irruption du Christ dans l’histoire des hommes, nous entrons dans cet éternel présent. La venue du Christ dans le monde n’est pas circonscrite à des moments particuliers. Elle s’accomplit dans la totalité de l’histoire. Ce qui doit advenir est déjà en train de se réaliser. Le rassemblement que Jésus, le Fils de l’homme, veut réaliser entre tous les hommes, est en train de s’accomplir.

            Alors, ce qui nous reste à faire, c’est de répondre à l’appel à la conversion. L’auteur de l’épître aux Hébreux vient de nous le dire : « Jésus Christ (…) après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.(…)Par son unique sacrifice, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie ». Avancer sur un chemin de conversion, c'est-à-dire mettre en œuvre la Parole de Dieu dans nos vies, c’est découvrir le chemin d’une vie authentiquement humaine, d’une vie conforme au dessein de Dieu en nous. « Le ciel et la terre passeront, dit Jésus, mes paroles ne passeront pas ». Est-ce que ce qui est en train de s’accomplir sous nos yeux transforme notre manière de vivre ? La Parole de Dieu que nous recevons et la vie sacramentelle que nous vivons constitue pour chacun de nous (et à travers nous pour le monde) une espérance à nulle autre pareille : demain ne sera pas le jour de la mort, de la détresse ou de l’abandon pour les hommes, mais ce sera le jour de la vie, de la consolation et de la fraternité. Nous recevons les prémices de cette espérance dans ce que nous vivons entre nous, et jour après jour, l’appel du Christ nous invite à partager cette espérance. Notre manière de répondre permet que d’autres hommes et femmes puissent regarder leur vie avec un minimum de confiance,  quoi qu’il advienne. Nous sommes appelés à partager notre joie avec tous nos frères.

Amen !

Père Hervé Géniteau, curé

 

 

 

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