HOMelie du 24 MARS                               3ème dimanche de carême - annee c (Textes annee a)

Ex 17,3-7

Ps 94

Rm 5, 1-8

Jn 4, 5-42

 

 

 

Vous le savez, dans les paroisses qui accompagnent des catéchumènes vers le baptême, nous sommes tenus de prendre les 3è, 4è et 5è dimanches de Carême, les textes de l’année liturgique A. C’est la raison pour laquelle nous venons d’entendre le long et beau récit de la rencontre entre Jésus et la femme de Samarie. Cette scène que nous méditons aujourd’hui est l’une des plus extraordinaires de l’Evangile. C’est tout le mystère du don de Dieu qui s’y dévoile. Le Christ s’approche d’une femme rejetée à de nombreux titres : elle est considérée comme hérétique, l’homme avec lequel elle vit n’est pas son mari etc… Si elle vient puiser de l’eau à midi, c’est parce qu’elle est certaine de ne rencontrer personne au bord du puit. Il faut être fou pour venir à l’heure la plus chaude de la journée. Et bien, c’est cette femme rejetée que Jésus choisit pour se révéler. Jésus part d’une réalité élémentaire et quotidienne, l’eau, pour faire entrevoir à la femme l’existence d’une autre réalité qu’elle ne voit pas, et qui est la vie de Dieu lui-même. Jésus lui fait parcourir ce qu’on pourrait appeler un « itinéraire pédagogique », dont le but est de nous aider à comprendre comment on peut être acheminé à la profession de foi, en accueillant ce que Dieu offre. « Si tu savais le don de Dieu », dit Jésus à la femme. Le mystère de la Samaritaine illustre le mystère de tous ceux qui attendent, souvent sans le savoir consciemment, le salut de Dieu et la plénitude de son amour que Jésus vient nous apporter. Il y a en nous un désir qui doit croître. Ce désir de Dieu, le Seigneur nous le dévoile. Dans notre Evangile, plus le dialogue entre Jésus et la femme progresse, plus on se rend compte que ce désir grandit chez la femme parce que Jésus la rejoint au cœur de sa propre vie. Ainsi, être chrétien, ce n’est pas adhérer à une autre vie. Etre chrétien, et nos catéchumènes s’y préparent, c’est reconnaitre dans cette vie qui est la nôtre, le signe et la présence de la vie de Dieu qui s’épanouira dans l’éternité. C’est découvrir que Dieu, qui aime tout homme, a uni pour toujours l’humanité tout entière dans son projet de salut. Et ce salut nous sera définitivement donné dans la mort et la Résurrection de Jésus que nous allons bientôt célébrer au cours de la semaine Sainte.

« Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur » avons-nous chanté dans le psaume. Il nous faut accueillir cette parole comme une lumière dans nos vies, afin que nos yeux s’ouvrent, que nos esprits comprennent, que nos cœurs décident. La parole de Jésus à la Samaritaine, nous avons à l’accueillir nous aussi. « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurait demandé et il t’aurait donné de l’eau vive ». En avançant dans notre vie, nous sommes amenés à mieux reconnaitre et comprendre le don que Dieu nous a fait à notre baptême et à reconnaitre que Jésus est le Sauveur du monde. Autour de nous, beaucoup se demandent si le Christ a aujourd’hui quelque chose à dire aux hommes. Nous devons d’abord nous demander ce que nous recevons nous-mêmes de la Parole du Christ. Comment pourrait-il dire quelque chose à l’humanité si sa parole reste pour nous lettre morte et si nous ne la recevons pas comme une parole de vie ? Si sa parole est une parole de vie, nous deviendrons témoins. Comme la Samaritaine. « Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait témoignage ». Puis ils disent : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons. Nous-mêmes nous l’avons entendu et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde ». Comme Jean-Baptiste, la femme n’a plus qu’à s’effacer désormais, puisqu’elle a accompli ce qui lui revenait : être un témoin de ce qu’elle avait reçu de Jésus pour que les Samaritains à leur tour puissent recevoir de lui cette même révélation.

En un mot, la femme hérétique est devenue disciple. Nous avons à mettre nos pas dans les siens.

Amen !

Père Hervé Géniteau, curé

 

 

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