HOMELIE DIMANCHE 27 OCTOBRE 2019     30ème Dimanche du temps ordinaire

Si 35, 15-22

Ps 33

2 Tim 4, 6-18

Lc 18, 9-14

 

 

 

 

          L’Evangile que l’Eglise nous fait méditer aujourd’hui fait immédiatement suite à celui de la semaine dernière. Et c’est encore de la prière dont Jésus nous parle à travers cette parabole que nous connaissons bien. Dimanche dernier, nous avions la prière de la pauvre veuve. Ce matin, c’est l’histoire du pharisien et du publicain.

            Pour bien comprendre ce que dit Jésus, il faut se rappeler que les pharisiens étaient des gens d’une très grande rectitude morale. De ce point de vue, celui que décrit Jésus est même quasi parfait ! Le jeûne deux fois par semaine, et il verse 10 % de ses revenus. Il n’y a aucune raison de douter qu’il dit la vérité. Lequel d’entre nous fait la même chose ?

            A l’opposé du pharisien, il y a le publicain. Voilà un homme détesté de tous à cause de sa collaboration avec les romains qui occupent le pays. Son travail est de collecter des impôts pour l’occupant. Au passage, il en profite pour s’enrichir.

            Seulement voilà ! La prière du pharisien n’est pas vraiment une prière. C’est une contemplation satisfaite de lui-même. Au lieu de se tourner vers Dieu, il se contemple lui-même en mettant en avant ses bonnes actions (bonnes actions que par ailleurs il fait certainement). Le drame du pharisien, c’est de mettre sa confiance en lui-même, en ses actes. Au fond, il n’a pas besoin de Dieu, ni de personne. Il est bien seul !

            A l’opposé, le publicain révèle son cœur tel qu’il est et il supplie Dieu de lui pardonner : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ». Et là, il ne dit que la stricte vérité : il est pécheur. Et peut-être, même, gravement. La reconnaissance de son péché fait qu’il « n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ».

            Ce publicain a reçu bien plus qu’il n’attendait parce qu’il était ouvert au pardon de Dieu. Une fois redescendu dans sa maison « c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre » nous dit saint Luc. Quant au pharisien, il n’a rien reçu parce qu’il n’attendait rien.

            Alors, la question se pose : de quel côté sommes-nous ? Cette question nous est posée à chacun, personnellement. Faire la vérité en chacune de nos vies pour être justifiés, cela exige de mettre notre confiance en Dieu, plutôt qu’en nous-mêmes. Ben Sirac vient de nous dire dans la première lecture : « Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel ». La question pour nous est de savoir quelle est la prière qui plait à Dieu, quelle est la prière qu’il va exaucer. Ben Sirac donne la réponse : « La prière du pauvre traverse les nuées ». Le psaume reprend cela : «Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris ». Le pauvre, c’est celui qui sait qu’il a tout à recevoir de Dieu. C’est celui qui se dépossède de lui-même pour que Dieu ait toute la place dans sa vie. Le pauvre, c’est celui qui a conscience de ne pas correspondre à ce que Dieu attend de lui, et par conséquent, qui accueille la conversion que Dieu lui demande. Le pauvre, c’est celui qui peut dire avec Saint Paul, nous venons de l’entendre : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi ».

            Au fond, la parabole de ce dimanche nous invite clairement à nous décentrer de nous-mêmes. Nous rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu’il réalise dans nos vies. Si nous réalisons quelque chose de bien, ce n’est pas dû à nos mérites, mais à l’action de Dieu en nous. Il attend que nous venions à lui les mains vides afin qu’il les remplisse de son amour. Et alors, ce sont les perspectives qui vont changer. Nous le savons, Dieu ne regarde pas les apparences. Il regarde le cœur de l’homme. Alors, aujourd’hui, sommes-nous prêts à dire avec le publicain : « Mon Dieu, montre-toi favorable pécheur que je suis » ? L’enjeu des textes de ce dimanche, qui nous préparent à la célébration de la Toussaint, vendredi prochain, c’est de vivre dans une juste perspective notre relation avec le Seigneur. Grandissant et avançant sur le chemin de l’humilité, à la suite de tous les saints qui nous précèdent, nous allons nous déposséder de nous-mêmes, afin que Dieu ait toute la place pour entrer en nous. Il faut laisser le Seigneur bâtir nos vies et accepter d’aller avec lui là où il veut nous entrainer. Alors, nous aurons vraiment avancé sur le chemin de la conversion. Le centre de gravité de nos vies, c’est vraiment Dieu. Le publicain de l’Evangile a trouvé son centre de gravité. Et alors, la prière du psaume que nous avons chanté sera vraiment notre prière : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres ».

            Que le Seigneur nous aide, par la puissance de cette eucharistie, à entrer dans l’attitude spirituelle du publicain !

Amen !

Père Hervé Géniteau, curé

 

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Paroisse Saint Jean-Baptiste de Grenelle 14 place Etienne Pernet, 75015 Paris tel : 01 56 56 83 10 mail : secretariat@sjbg.org