Homélie du 3 juin  Saint Sacrement

Ex 24, 3-8                                                         

Ps 115                                                                  

Heb 9, 11-15      

Mc 14, 12-16 - 22-26                                                        

                                    

             Dans le livre de l’Exode que nous venons de lire, l’autel construit par Moïse, avec les 12 pierres pour les 12 tribus d’Israël, est l’image du peuple saint que Dieu a engagé avec lui dans l’Alliance en lui donnant les 10 commandements. Dans une alliance, les deux parties doivent s’engager. L’engagement  du Dieu, ce sont les commandements. L’engagement du peuple, c’est une promesse : « toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique ». Cette alliance, elle est scellée  par le sang d’animaux sacrifiés, sang répandu sur l’autel et sur le peuple. Et pourtant, ce sang versé ne garantit pas l’observance de l’Alliance.

            C’est pourquoi le Christ annonce une alliance nouvelle et définitive. Le sacrifice offert pour établir la Communion n’est plus le sacrifice d’un agneau, mais c’est  le sacrifice que Dieu lui-même donne en son Fils. Le sang de l’alliance n’est plus le sang des animaux versés sur l’autel et sur le peuple. C’est le sang de Jésus répandu sur le monde, pour sceller l’alliance entre Dieu  et l’humanité. Le sang du Christ fait bien davantage que celui des boucs et des taureaux. L’auteur de l’épitre aux hébreux nous dit : « le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut. Son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort ». Lors du dernier repas que Jésus prend avec ses disciples et que saint Marc vient de nous raconter, il partage le pain et le vin qu’il désigne comme son corps et son sang. Il anticipe ainsi son sacrifice sur la Croix du lendemain. Jésus scelle ainsi la nouvelle alliance : accueil de la parole de Dieu et engagement à obéir à cette parole. Cette alliance est pleinement réalisée par le corps du Christ donné en nourriture et son sang donné en boisson. Et cette alliance est définitive. Il n’y en aura pas d’autre. Ceux qui veulent accueillir et mettre en pratique la parole  de Dieu passeront par cette alliance scellée dans le sang du Christ.

            A chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous faisons mémoire de l’offrande que Jésus a fait de sa vie. Pas au sens où nous nous rappellerions un évènement passé comme en regardant des photos de famille. Mais la célébration de l’Eucharistie rend présent le sacrifice du Christ. Cela signifie que le pain et le vin offerts deviennent réellement (par la puissance de l’Esprit) le Corps et le Sang de Jésus. Ici et maintenant. La communion que nous ferons tout à l’heure (si nous y sommes prêts) n’est pas un geste commémoratif. Elle nous donne d’entrer en communion avec le sacrifice du Christ de la manière la plus étroite. Nous y recevons réellement (pas symboliquement) le Corps et le Sang du Christ. Nous entrons dans l’Alliance unique et définitive. Célébrer l’Eucharistie, c’est entraîner notre existence tout entière  dans le dynamisme de l’offrande de Jésus. Nous nous engageons à accueillir la parole de Dieu et à la mettre en pratique. 

            C’est pourquoi le pape Benoît XVI disait un jour : « L’Eucharistie doit devenir le centre de votre vie (…). Ne vous laissez pas dissuader de participer à l’Eucharistie dominicale et aidez aussi les autres  à la découvrir ». Participer à la messe n’est pas un acte rituel. C’est un acte de communion. Nous participons  au don que Jésus fait de sa vie et nous entrons dans son propre sacrifice ».

            Si l’Eucharistie est si importante pour l’Eglise et le monde, il faut que des prêtres puissent la célébrer. Cette fête du Saint Sacrement est l’occasion de rappeler l’importance du sacerdoce dans l’Eglise. Prier pour les vocations sacerdotales, c’est demander à Dieu que des hommes se lèvent pour se mettre au service de la vie de son peuple. Le prêtre est chargé de transmettre la vie de Dieu, notamment par la célébration de l’Eucharistie. Prions pour que ceux qui sont appelés répondent avec générosité. Nous prions pour que, ici, à St Jean-Baptiste de Grenelle, des vocations sacerdotales naissent. Si vous vous posez la question, n’hésitez pas à en parler avec l’un des prêtres.

            En cette fête du Corps et du Sang du Christ, demandons à Dieu qu’il nous rende forts du pain des forts. 

 

 

                                                                                              Amen !

 

                                                                                  Père Hervé Géniteau 

 

 

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