HOMELIE DU DIMANCHE 3 MARS                  1er dimanche de careme - ANNEE C

Si 27,4-7

Ps 91

1 Co 15,54-58                                                                    

Lc 6, 39-45

 

 

L’Evangile d’aujourd’hui nous fait méditer trois courtes paraboles rapportées par Jésus. Elles éclairent notre chemin de conversion et cela tombe bien alors que mercredi nous allons entrer dans le temps de Carême.

                                 La parabole de l’aveugle qui  guide un autre aveugle et qui tombe avec lui dans un trou est prolongée par la dénonciation de l’hypocrite qui veut ôter la paille qui est dans l’œil de son frère sans remarquer la poutre qui est dans le sien. La phrase de Jésus qui va lier ces deux paraboles est claire : « le disciple n’est pas au-dessus du Maître».  Notons que dans les versets précédents (tout spécialement ceux que nous entendions la semaine dernière), Jésus a donné la révélation ultime du visage de Dieu. A ceux qui l’écoutent, il a commandé d’aimer leurs ennemis, de faire du bien à ceux qui les haïssent, de bénir ceux qui les maudissent, de ne pas se contenter d’aimer ceux qui les aiment, ni de prêter à ceux dont ils espèrent recevoir. En leur enjoignant de donner les premiers, sans attendre de retour, Jésus les a assurés qu’ils seraient ainsi les imitateurs de Dieu, « les fils du Très Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants ». Il leur a promis également, s’ils dépassaient la loi du « donnant-donnant », la «mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante», c’est-à-dire bien plus qu’ils ne peuvent imaginer, c’est-à-dire encore que Jésus promet des dons plus grands que ceux déjà reçus. Si donc le secret de Dieu est son amour paternel ou la gratuité surabondante de ses dons, nous avons à comprendre que pour être disciple, il faut cesser de se croire au-dessus des autres, de s’imaginer être plus clairvoyant que les autres, et laisser quelqu’un être plus grand. Ce quelqu’un de plus grand, c’est Jésus. Et l’aveuglement dont il nous délivre est d’abord celui du péché. Si bien que le disciple n’a pas seulement à reconnaître l’obscurité où il se trouve, il doit reconnaître également qu’il est véritablement ennemi de Dieu. On ne peut pas en douter après l’enseignement qui précède. Quels sont les hommes qui aiment ceux qui les aiment, sinon les pécheurs ? Quels sont les hommes qui prêtent à ceux dont ils espèrent recevoir, sinon les pécheurs ? Quelle est la bonté de Dieu sinon la miséricorde pour les méchants et la compassion pour les ingrats ? Le cercle du « donnant-donnant » est alors dénoncé comme le péché, comme la réciprocité perverse où tous se mettent au centre, dans la même position d’illusoire supériorité que l’aveugle voulant guider un aveugle, en lui ôtant la paille qui l’empêche de voir. Dans ce contexte, le disciple doit pouvoir dire « Je suis un pécheur que Jésus réconcilie avec le Père. »

                                 La réconciliation accordée permet de continuer en  portant du fruit. Car il s’agit bien de porter du fruit. Et c’est la troisième parabole de notre Evangile.  « Chaque arbre se reconnaît à son fruit ». Et aussi, «ce que dit la bouche c’est ce qui déborde du cœur ». Si nous nous dépossédons de nous-mêmes, si nous nous livrons un peu plus au Christ, alors nous nous étonnerons nous-mêmes de certaines paroles. Si le Christ vit en nous (cf. St Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi » Ga2,20), nos paroles deviennent celles du Christ, et ce seront des paroles d’amour.

                                 Plaise à l’Esprit Saint de nous montrer plus clairement qu’un aveugle ne peut guider un autre aveugle, ni un homme pécheur sauver un homme pécheur, et que le seul Sauveur se nomme Jésus, Maître d’humilité.

                                                               Amen !

 

Père Hervé Géniteau, curé

 

 

 

 

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