Homélie du dimanche 5 juillet - 14ème dimanche du TO

 

 

Za 9, 9-10

Ps 144

Rm 8, 9-13

Mt 11, 25-30

 

 

Cet Evangile, nous l’avons déjà entendu vendredi 19 juin lorsque nous avons célébré la fête du Sacré Cœur de Jésus. Parce qu’Il nous aime et que son cœur est la source de cet amour, Jésus nous invite à nous reposer en lui. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ». A travers ces paroles, Jésus nous invite à entrer dans une intimité plus grande avec lui. Le chemin qu’Il nous invite à vivre avec lui est un chemin de joie et de paix. Il est essentiel pour nous de saisir cette invitation au moment où nous entrons dans le temps de la « pause estivale » comme on dit. Nous sommes tous fatigués de ce que nous avons vécu cette année. Alors vraiment cet été, il nous faut prendre le temps de passer du temps avec Jésus qui nous appelle et qui nous attend. L’été, parce que nous avons davantage de temps, c’est le moment du cœur à cœur. Il nous faut contempler, pour en vivre, l’amour infini de Dieu pour nous, qui nous est révélé en Jésus. Il ne se révèle pas à nous pour nous opprimer, mais pour nous remettre debout et nous aider à progresser. La connaissance du Père par le Fils dans l’Esprit n’écrase pas. Elle libère. Parce qu’elle nous fait entrer dans une vraie relation d’amour. Rappelons-nous le regard du Christ sur Pierre, sur le jeune homme riche, sur Zachée, sur la Samaritaine et sur tant d’autres dans l’Evangile. C’est toujours un regard d’amour qui jamais ne condamne, mais qui sauve. Le Christ prend toujours le temps d’écouter. Il prend le temps d’accueillir. Quel modèle pour nous ! Quel chemin de conversion ! C’est là que se trouve le repos promis par Jésus. Ce n’est pas un repos passif sur une chaise longe à la plage. C’est un repos actif résidant dans la connaissance de Dieu. Il faut que nous acceptions d’être ces tout petits dont vient de nous parler Jésus. « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange. Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits ».

            Etre tout petit, c’est comprendre, comme vient de nous le dire saint Paul, que nous sommes sous « l’emprise de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en nous ». Et l’apôtre ajoute : « Si vous vivez selon la chair, vous allez mourir. Mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez ». Il faudrait que nous ne soyions plus sous l’emprise de la chair (la chair au sens des passions mauvaises qui se rebellent contre l’Esprit) mais que nous vivions de l’Esprit qui brise en nous les désordres de l’homme pécheur. Et cela change tout dans notre vie.

            Nous comprenons alors que l’entrée par le baptême dans le Royaume va renverser la perspective de nos vies. Nous n’allons pas nous imposer comme le plus grand mais nous allons choisir l’attitude du plus petit, c’est à dire celle de Jésus qui se met à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds. Car le plus petit, c’est d’abord Jésus lui-même. Si Jésus convoque les petits à la révélation de Dieu, c’est parce qu’il ne peut communiquer la connaissance qu’il a de son Père qu’à ceux qui acceptent de le suivre dans sa petitesse. L’homme doit se savoir assez petit pour s’abandonner entre les mains du Père. Plutôt que de nous laisser enfermer dans la sagesse du monde, Jésus nous invite à entrer peu à peu dans la sagesse infinie de Dieu.

            A ces « tout petits » qui peinent, Jésus promet donc le repos de Dieu, celui de l’enfant sous le regard de son Père, celui que chantait Saint Augustin dans « Les Confessions ». « Tu nous as faits pour toi, Seigneur. Et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi ».

            Amen !

            Père Hervé Géniteau, curé

 

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Paroisse Saint Jean-Baptiste de Grenelle 14 place Etienne Pernet, 75015 Paris tel : 01 56 56 83 10 mail : secretariat@sjbg.org