Homélie du Jeudi Saint - 9 avril 2020

Ex 12, 1-14

Ps 115

1 Co 11, 23-26

Jn 13, 1-15

 

 

 

 

Avec cette célébration de la Cène du Seigneur, le dernier repas qu’il prend avec ses Apôtres, nous entrons dans les trois jours ultimes et décisifs où se joue notre salut. L’enjeu pour nous est de prendre énergiquement les moyens d’accompagner le Christ dans sa Passion pour avoir part à sa Résurrection.

            L’Evangile de Saint Jean dans ce passage d’une part, les évangiles de Mt, Mc et Lc, ainsi que St Paul d’autre part, nous rapportent de façon différente ce qui s’est passé au cours de ce dernier repas. Mt, Mc, Lc et Paul rapportent ce que nous appelons l’institution de l’Eucharistie. C’est la deuxième lecture que nous avons entendue. Jésus prend du pain et dit « Ceci est mon corps ». Il prend du vin et dit : « Ceci est mon sang ». En donnant aux Apôtres son corps et son sang, c’est la vie même qu’Il leur donne. Et cela sera parfaitement accompli le lendemain au moment de sa crucifixion et de sa mort. Ce dernier repas, avec les gestes et les dernières paroles posées par Jésus sont comme une anticipation, une façon de permettre aux disciples d’être associés à son sacrifice qui sera vécu historiquement le lendemain. Seulement le vendredi, il n’y aura que Marie et St Jean au pied de la Croix. Les autres auront été dispersés. Ils ne seront donc pas les témoins directs de la mort de Jésus, mais ils vont en devenir des participants grâce aux signes efficaces du pain et du vin partagés. En mangeant le pain et en buvant à la coupe le jeudi soir, ils participent d’une manière que l’on peut appeler « sacramentelle » à l’acte définitif qui se déroule le vendredi.

            En instituant ce geste sacramentel pour ouvrir aux disciples la participation à son sacrifice, Jésus ouvre une voie destinée  à se développer dans l’avenir et jusqu’à la fin des temps. Ainsi, comme St Paul vient de nous le dire « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ». C’est pourquoi, à chaque fois que l’Eglise célèbre l’Eucharistie, ce n’est pas une évocation historique ou une pièce de théâtre. Mais elle rend présent réellement le sacrifice du Christ en nous permettant d’y communier. C’est donc à juste titre que le Concile nous dit que l’Eucharistie est source et sommet de la vie de l’Eglise. Participer à la messe n’est donc pas un signe d’appartenance. C’est vraiment  un acte qui nous fait entrer dans le sacrifice que Jésus fait de lui-même. Et donc qui nous fit entrer dans la dynamique de la résurrection.

            Dans le signe du lavement des pieds que St Jean est le seul à rapporter au cours de ce même repas, Jésus montre comment le sacrifice de sa vie est l’expression la plus accomplie de son identité de serviteur. Serviteur de Dieu, il se fait serviteur des hommes dans la charité. St Jean Paul II disait que « Le lavement des pieds est l’acte de charité par excellence ». En lavant les pieds des disciples, Jésus donne sa vie, car la preuve de la charité c’est le don de sa propre vie. Et en invitant les disciples à l’imiter dans ce geste, il les invite à participer au don de sa propre vie.

            Jésus donne sa vie dans son corps et dans son sang. Il donne sa vie en se faisant serviteur. En participant à l’Eucharistie, nous nous unissons donc au sacrifice de Jésus en reproduisant dans notre vie la mission de serviteur qu’il a reçue et accomplie.

            Il y a un paradoxe à dire cela, les jours que nous vivons. Alors que vous ne pouvez pas communier sacramentellement, chacun de vous, en ce jeudi Saint tout particulièrement, vous êtes invités à faire une communion spirituelle, une communion de désir. Faites un acte de foi et de désir de la communion eucharistique en demandant à Dieu les grâces que vous auriez reçues en communiant sacramentellement. Cette communion sacramentelle porte du fruit.

            Que Dieu fasse grandir en nous l’amour de l’Eucharistie ; Qu’il nous donne d’entrer avec Jésus dans la Passion.

 

            Amen !

            Père Hervé Géniteau, curé

 

 

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