Il y a plus de joie dans le ciel...
« Femme, personne ne t’a condamnée ? Moi non plus je ne te condamne pas. Va et désormais ne pèche plus ». Ces mots de Jésus à la femme prise en flagrant délit d’adultère ne valent pas que pour hier. C’est à chacun de nous que le Christ vient offrir son pardon.
En ces dernières semaines de Carême, il est bon sans doute de nous rappeler l’importance du sacrement de réconciliation, trop peu usité peut-être ; certainement mal compris ... sinon les chrétiens y auraient davantage recours !
Ce sacrement est avant tout une rencontre d’amour entre le Christ qui n’est « pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (Mt 9,13) et celui qui à la lumière de cet amour, reconnaît la part d’ombre qu‘il y a dans sa vie. « Que Dieu soit dans votre cœur et sur vos lèvres pour que vous puissiez confesser son amour et votre péché en vérité » dit le prêtre au début de la célébration du sacrement. Il s’agit d’abord pour nous de rendre grâce pour l’amour de notre Dieu et ses bienfaits, et à la lumière de cet amour de reconnaître ce qui dans notre vie est obstacle à l’intimité que Dieu veut nouer avec nous.
Quels sont donc ces obstacles ? Récemment encore Benoît XVI a regretté la perte du sens du péché chez nos contemporains. Il ne s’agit pas d’avoir une morale culpabilisatrice mais bien de reconnaître que nous ne sommes pas toujours fidèles à l’Évangile. Il suffit de regarder les différentes relations qui sont les nôtres. La relation à Dieu d’abord : quelle place lui laissons-nous dans notre existence ? Est-il Celui qui unifie notre existence dans ses différentes dimensions (intellectuelle, affective, sociale, professionnelle ...) ou simplement un tiroir que nous ouvrons plus ou moins régulièrement ? La relation aux autres ensuite, parce que « celui qui dit qu’il aime Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur » comme dit saint Jean (1Jn 4,20). La relation à nous-mêmes : comme il est difficile de s’aimer ! Comme il est difficile d’accepter de se regarder non pas avec nos propres yeux mais avec le regard d’amour et donc exigeant mais tendre du Christ. La relation avec le monde qui nous entoure enfin. Car la création nous est confiée pour que nous la gardions et nous savons bien que parfois nous sommes esclaves de cette société de consommation qui nous enchaîne. N’est-ce pas là une figure nouvelle de la gourmandise ?
C’est un magnifique ministère que de pouvoir dire à quelqu’un que ses péchés sont remis. Et, au nom du Christ, c’est un pécheur qui est ministre de ce sacrement et remet les péchés.
Entendons ensemble l’invitation que dimanche dernier saint Paul adressait aux Corinthiens : « Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5,20).
Père Olivier Ribadeau Dumas
Feuille paroissiale du 25 mars 2007