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Éditorial n° 32 du 1er avril 2007


L’ascenseur

Dans sa dernière exhortation apostolique Sacramentum caritatis, fruit du travail des évêques rassemblés au synode sur l’Eucharistie en octobre 2005, le pape Benoît XVI réaffirme la doctrine de Vatican II sur la ‘participation pleine, consciente et active’ des fidèles à la messe. « La grande tradition liturgique de l’Église nous enseigne qu’en vue d’une participation fructueuse, il est nécessaire de s’engager à correspondre personnellement au mystère qui est célébré, par l’offrande à Dieu de sa propre vie, unie au sacrifice du Christ pour le salut du monde entier » (n°64).

Il est probable que le peuple chrétien a encore du mal à vivre cette participation. Certes, nous accueillons le Christ qui se donne en nourriture et nous vivons ainsi la dimension descendante de l’Eucharistie, celle de Dieu qui rejoint l’homme pour s’unir à lui. Mais bien souvent, nous en restons là, considérant qu’avec la réception du corps du Christ, tout est achevé. Que faisons-nous alors de la dimension eucharistique de la messe, de cette action de grâce de l’Église qui remonte à Dieu par l’offrande de nous-mêmes avec le Christ pour le salut du monde ? Telle est bien la participation active rappelée par Vatican II. Qu’offrons-nous de nous-mêmes à chaque Eucharistie, pour que notre vie soit peu à peu transformée ? Offrons-nous vraiment notre travail de la semaine, nos rencontres, nos joies et nos peines, tel pardon difficile à donner, tel échec douloureux, ou encore nos bonheurs petits et grands ? Comment Dieu pourra-t-il transformer nos vies dans le feu de son Eucharistie si nous ne déposons rien de nous-mêmes sur l’autel ? Certes, à chaque messe, le pain devient réellement le corps du Christ, et le vin, réellement son sang. Mais nous-mêmes, devenons-nous réellement le corps du Christ ? Il nous sera donné à la mesure dont nous nous donnons. Et si nous n’arrivons pas à nous donner, alors donnons du moins notre incapacité à nous donner. Ainsi, nous serons vrais dans notre pauvreté et notre offrande sera accueillie.

Il en est un peu ainsi qu’un ascenseur : à chaque messe, l’ascenseur descend bien du ciel sur la terre, pour ensuite remonter vers Dieu. Mais si nous ne montons pas dedans, tels que nous sommes, il ne faut pas s’étonner qu’il remonte à vide. Et c’est ainsi que nous gaspillons le don de Dieu. Au fond, nous manquons de foi, et attendons trop peu de son Amour.

Durant la Semaine Sainte qui s’ouvre en ce dimanche des Rameaux, nous allons suivre le Christ qui entre dans le mystère de sa Passion et de sa Résurrection. En contemplant ce que le Christ fait pour nous, posons-nous cette question : et moi, qu’est-ce que je fais pour le Christ ? Comment vais-je essayer, à chaque eucharistie, d’entrer dans son Acte d’amour, en m’offrant au Père, pour être livré à mes frères et sœurs ?

Père Antoine Vidalin

Word - 1.3 Mo
Feuille paroissiale du 1er avril 2007
Le Chemin de Croix est une dévotion populaire qui nous invite à revivre, tout particulièrement le vendredi saint, la route qu’emprunta le Christ et qui le mena au don de sa vie sur le Golgotha.

Chemin de Croix, chemin de souffrance, chemin d’espérance. Au cœur de cette terrible épreuve, le Christ a croisé de nombreux visages, visages marqués par le mépris ou la haine, visages marqués par l’indifférence, visages désireux de lui porter secours.

Nous vivrons, cette année, le Chemin de Croix du vendredi saint, au cœur des rues de notre quartier, parce que c’est au cœur de ce quartier que nous avons à planter la Croix du Christ, comme signe d’espérance pour le monde.

Nous croiserons, sans doute, des visages étonnés, des visages désireux de suivre le Christ, des visages moqueurs, des visages indifférents. Ce chemin de Croix n’est pas une manifestation triomphaliste ou un retour nostalgique sur le passé. Animé par le groupe « Eucharistie et Travail », il manifeste le désir que nous avons de proposer, avec humilité et conviction, la foi qui nous anime en l’Amour de Celui qui donne sa vie pour que par lui le monde soit sauvé.

Père O. Ribadeau Dumas

 

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