Présence
« Au commencement était le Verbe » et le Verbe n’est pas que Parole ; il est aussi présence, présence de Dieu aux hommes. C’est par lui que furent créés les mondes ; il était déjà là quand Dieu choisit un peuple du milieu des peuples de la terre pour en faire son peuple. « Tout fut par Lui, et sans Lui rien ne fut ».
Au moment où le Christ nous invite, à quelques jours de l’Ascension et de la Pentecôte, à accueillir l’Esprit Saint qui nous « fera souvenir de tout », il est bon de regarder un instant en arrière pour regarder le chemin parcouru et nourrir notre mémoire spirituelle de cette présence qui ne cesse d’être à nos côtés.
« Le Verbe s’est fait chair ». La présence de Dieu se manifeste d’abord dans un enfant qui dans sa fragilité nous dit l’Amour du Père. Jésus est déjà dans l’étable de Bethléem le visage du Père, car comme Il le dit à l’apôtre Philippe : « Qui m’a vu a vu le Père ». Il est présence discrète et cachée ; Il est aussi cette présence qui annonce la venue du Royaume et en manifeste les signes : par Lui les péchés sont remis, les boiteux marchent et les aveugles voient. En Lui s’accomplit la promesse de Dieu.
Dans le mystère de la Croix éclate la présence d’Amour de Celui qui n’a pas retenu pour Lui sa vie mais qui la donne jusqu’au bout, manifestant ainsi de quel Amour nous sommes aimés. Et dans la Résurrection que nous fêtions il y a quelques semaines, c’est la Vie qui apparaît plus forte que la mort, la lumière qui est victorieuse des ténèbres. La présence du Christ est alors déconcertante : Il est bien le crucifié du Golgotha montrant ses plaies mais Il est en même temps autre. « Jésus vint et se tint au milieu d’eux ». Mystère d’une présence qui dépasse notre compréhension et invite à la foi : « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu ».
C’est encore dans un autre type de présence que nous sommes invités à entrer avec le temps de l’Esprit. Car le Père et le Fils qui nous invitent à garder les commandements reçus viennent demeurer en nous. Il en est ainsi pour celui qui aime. Il en est ainsi pour celui qui met sa foi dans les dernières Paroles du Christ avant de disparaître aux yeux de ses disciples : « Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». Il en est encore ainsi pour celui fait de l’Eucharistie sa nourriture, pour celui qui médite la Parole en son cœur.
Dans le cours d’une vie, il nous faut alors mesurer la force de cette présence. Dieu ne s’impose jamais. Il se propose à notre liberté. Mais il faut parfois déchiffrer notre histoire pour y voir les traces d’une présence qui nous a permis de passer des caps difficiles, de franchir des étapes, de devenir nous-mêmes. Alors, nous nous apercevons que le Christ ne nous a jamais fait défaut.
Et nous pouvons attendre avec confiance, et peut-être impatience, ce moment où nous serons présents devant cette présence, dans la contemplation éblouie de l’Amour.
Père Olivier Ribadeau Dumas
feuille paroissiale du 13 mai 2007