La passion selon Saint Marc
Un sentiment d’équilibre et d’authenticité qui bannit tout sentiment d’exaltation et d’exagération, voilà ce qui ressort d’une lecture attentive du récit de la Passion selon Saint Marc. Les évènements s’enchaînent avec naturel. Les personnages y apparaissent sans masque. Et pas à pas, le drame se noue, atteint son paroxysme et se dénoue : la sentence de mort est prononcée contre Jésus ; Il est exécuté ; et le centurion proclame sa foi : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! »
D’un bout à l’autre du récit, des personnages et de leurs sentiments tout est noté. Ainsi nous pouvons relever : ruse, incompréhension, trahison, appât du gain, préparatifs de fête, étonnement et interrogation, amour, discours, espoir, déclaration de fidélité, peur et angoisse, accablement, sentiment d’abandon, sentiment d’impuissance, détermination, traîtrise, réaction désespérée de défense, chasse à l’homme, accomplissement des Ecritures, jugement sommaire avec de faux témoignages, question du grand prêtre, accusation de blasphème, sentence de mort, humiliation et violence, moquerie, reniement d’un ami, lâcheté de Pilate, la foule et l’opinion publique, les soldats, la cruauté, Simon de Cyrène, la raillerie, insulte et cynisme, le cri de Jésus, sa mort, la profession de foi du centurion, la présence silencieuse des femmes, Joseph d’Arimathie...
Il y a là la marque de notre humanité avec ses multiples facettes. Et c’est cela sans aucun doute qui donne un sentiment de réalisme et d’authenticité. Et voilà pourquoi Saint Paul a pu écrire dans sa lettre aux Philippiens : « Le Christ Jésus, Lui qui était de condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, Il se dépouilla Lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, Il s’est abaissé Lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. »
Père Joseph A. Roan