« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »

J’aime bien être debout sur la marche la plus haute de l’entrée de notre église. De là je peux avoir une belle vue de la rue du Commerce qui vibre de la circulation des gens. Il y a des visages que je reconnais et des visages que je ne connais pas.
Souvent, je me pose des questions sur les personnes que je ne connais pas. Parmi elles, j’imagine qu’il y a des gens qui font partie d’une autre paroisse, qui croient mais n’assistent pas aux offices, qui sont croyants mais dans une autre religion. Mais j’imagine qu’il y a aussi des gens qui ne croient pas, des gens qui ont cru et qui, à cause des doutes, ne croient plus.
Et je pense que beaucoup de gens qui voient des personnes montant et descendant les marches de Saint Jean-Baptiste de Grenelle se disent : « Voilà quelqu’un qui croit. Voilà quelqu’un qui a la foi. Voilà quelqu’un qui ne doute pas. »
Mais moi qui reconnais certaines de ces personnes qui montent ces marches, je sais souvent les fardeaux qu’ils portent. Je sais la lutte contre les doutes qui fait partie de nos vies. Il y a des gens qui allument la petite flamme d’une bougie contre l’ombre d’une maladie destructrice, des gens qui viennent demander à Dieu comment un Bon Dieu peut laisser leur mariage se terminer avec une telle rancœur, pourquoi quelqu’un tellement aimé a dû mourir ou qui viennent pour demander si Dieu existe vraiment.
Je sais bien que dans nos vies de « croyants » il y a souvent des doutes. Et je remercie Dieu pour l’évangile de ce dimanche qui raconte l’histoire de Saint Thomas qui a trouvé difficile de croire, et pour la Parole de Jésus « heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Un jeune homme a dit à son père : « Papa, tu assistes à la messe tous les dimanches, j’aimerais bien avoir une telle foi. » Son père lui a répondu : « Mais mon fils, je n’assiste pas à la messe parce que j’ai la foi. J’assiste à la messe parce que j’ai besoin de la foi. »
Père Brien Mc Carthy
Feuille paroissiale du 23 avril 2006