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Éditorial n° 36 du 30 avril 2006


Résurrection de la chair ?

Dans l’évangile de ce dimanche, Luc insiste sur la réalité de la présence « corporelle » de Jésus ressuscité. Luc multiplie les mentions de détails concrets pour nous mettre devant un des éléments centraux de notre foi : nous ne croyons pas seulement à une vie après la mort, ou à une immortalité de l’âme. Au cœur de notre foi, il y a bien cette affirmation : « je crois en la résurrection de la chair », selon les termes du Symbole des apôtres.

Comment donc comprendre une telle affirmation ? et quelle portée peut-elle avoir pour nous, qui sommes appelés à entrer à la suite de Jésus dans cette vie de ressuscités ?

Notons d’abord que, en parlant de Jésus ressuscité, Luc évoque la Pâques à la fois comme continuité et comme discontinuité. D’une part, en parlant de manière concrète de la présence « corporelle » de Jésus, Luc souligne la continuité : c’est bien Jésus qui apparaît aux disciples, et il leur apparaît dans la singularité de son corps. D’autre part, Luc souligne aussi la distinction : « rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais avec vous ». En parlant au passé de sa présence, « j’étais avec vous », Luc indique un nouveau mode de présence de Jésus ressuscité, qui relègue définitivement au passé sa vie terrestre. Qu’en est-il donc de cette chair et de ce corps ressuscités ? Il serait téméraire d’en préjuger la nature. La description de Luc nous permet néanmoins d’affirmer que le passage à travers la mort préserve une singularité personnelle : Jésus ressuscité n’est pas fondu dans un grand tout, il est une personne, unique, singulière, « comme dans un corps » pourrait-on dire faute de pourvoir qualifier ce corps.

De manière analogue, lorsque nous confessons notre foi en la résurrection de la chair, nous affirmons croire à une vie après la mort, dans laquelle notre être personnel est préservé, et nous affirmons qu’il y a continuité entre ce que nous sommes sur terre et ce que nous serons à la résurrection. Cette conclusion n’est pas sans conséquences pour notre vie sur terre. Car le corps n’est pas seulement le support temporel et temporaire de notre être spirituel ; il est appelé à demeurer, sous une autre forme, dans l’éternité. Saint Paul souligne ainsi l’importance insoupçonnée de nos corps : « ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint Esprit » dit saint Paul aux Corinthiens (1Co 6,19). Mais au-delà de nos corps mêmes, ce sont toutes les relations dans lesquelles nos corps sont engagés qui sont concernées par la résurrection de la chair : elles aussi sont appelées à demeurer pour l’éternité.

La résurrection de la chair reste certes un mystère pour nous, mais nous pouvons en discerner les implications principales : loin d’être opposés, corps et esprit sont indissociablement liés, ils sont le fondement de notre être personnel, ici et dans l’éternité. En conséquence les réalités temporelles, qui impliquent les corps, et les réalités spirituelles sont elles aussi indissociablement liées, dans le temps et pour l’éternité. C’est pourquoi nous sommes appelés à glorifier Dieu dans notre corps (1Co 6,20) en sanctifiant toutes relations dans lesquelles nos corps sont engagés : au plan personnel, dans nos couples ou nos familles, et au plan social, car au cœur de nos rencontres, de nos échanges, de nos coopérations, « le Royaume de Dieu est déjà mystérieusement présent sur cette terre » (GS §39).

Père Baudoin Roger

Word - 1.3 Mo
Feuille paroissiale du 30 avril 2006

Le projet de loi sur l’immigration

Dans quelques jours sera discuté à l’Assemblée Nationale le projet de loi sur l’immigration.

Nous savons tous combien la question est difficile. La presse s’est largement fait écho des diverses réactions à ce texte.

Nous ne pouvons pas oublier comme l’a souvent répété notre archevêque qu’une question fondamentale se pose : « Somme-nous capables d’accepter que notre mode de vie soit remis en cause profondément et durablement ? » car « accueillir l’immigré c’est se poser la question du partage de ce que nous avons, c’est aussi nous poser la question de l’accueil d’une expérience et d’une sagesse humaines qui ne sont pas les nôtres mais qui ne sont pas cependant sans valeurs. »

N’en restons pas à ce que les journaux peuvent transmettre de ce débat mais cherchons toujours davantage à vivre l’invitation du Christ : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35)

Père Olivier Ribadeau Dumas

 

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