Prêtres dans l’église d’aujourd’hui
Dans le monde entier, les catholiques prient aujourd’hui pour les vocations.
Cela ne coûte pas cher me direz-vous de prier et certains esprits iront même jusqu’à dire que depuis le nombre d’années que nous prions, Dieu n’entend peut-être plus !!! A se limiter en effet à notre pays, on pourrait facilement croire que le nombre de prêtres diminuant cruellement, l’Eglise de France à terme pourrait s’éteindre doucement comme on a vu dans l’Histoire, des Eglises en Afrique du Nord perdre petit à petit leur souffle.
Mais il faut sans doute regarder à l’échelle de la catholicité de l’Eglise pour s’émerveiller de l’éclosion de nombreuses vocations sacerdotales en Afrique, en Asie et dans bien d’autres endroits du monde.
Pourtant, nous ne pouvons pas rester sans nous interroger : pourquoi y a t il si peu de prêtres en France ?
Certes, les vocations ne se limitent pas aux vocations sacerdotales. Par notre baptême, nous sommes tous appelés à témoigner dans le monde du Christ ressuscité, Bon Pasteur qui connaît et qui aime ses brebis. Au cœur de ce monde, des hommes et des femmes sont appelés à être témoins de la radicalité du choix de Dieu et de l’appel à tout quitter en se consacrant à Dieu dans la vie religieuse, notamment par le triple voeu de pauvreté, d’obéissance et de chasteté. Mais aussi des hommes, mariés ou non, sont appelés à devenir diacres, signes du Christ Serviteur de sa Parole et de ses frères. Et le diaconat permanent, remis en lumière par le Concile Vatican II doit être une interrogation pour un certain nombre de membres de notre communauté.
Mais si l’Eglise et l’eucharistie sont si intimement liées, la place du prêtre est spécifique et irremplaçable.
Permettez-moi de le dire avec franchise, je crois qu’il n’y a de crise de vocations que parce qu’il y a une crise de la foi. Comment proposer le sacerdoce à des jeunes dans un monde qui évacue Dieu ? Quelle idée les jeunes se font-ils du prêtre, célibataire, dans un monde où le plaisir est sans cesse exalté sous quelque forme que ce soit ?
Lorsqu’il était évident d’être chrétien, il n’était pas difficile d’envisager qu’un de ses fils soit prêtre. Interrogeons-nous vraiment : les familles ont-elles aujourd’hui envie qu’un de leurs fils, peut-être le seul, devienne prêtre de Jésus-Christ ? Je sais par expérience ce que cela peut coûter de renoncements aux parents. Et pourtant la Pastorale des Vocations commence par la famille.... Et la crise de la foi ne se limite pas qu’à la famille.
Et puis avons-nous vraiment envie de prêtres ? Oui, bien sûr me direz-vous. Mais avons-nous envie de ces prêtres qui sont envoyés vers une communauté qu’ils n’ont pas choisie avec souvent comme seul désir d’aimer ceux vers qui ils sont envoyés alors même qu’ils ne sont pas comme on les rêverait ?
Pourtant, je peux en témoigner et mes confrères avec moi, j’en suis sûr. Etre prêtre est une extraordinaire manière de vivre sa vie d’homme, dans l’amour donné et reçu. Pour cela, je veux rendre grâce. Pour vous aussi vers lesquels nous sommes envoyés.
Père Olivier RIBADEAU DUMAS