LE PRÉCURSEUR
25 juin 2006
Fête paroissiale, fête de Saint Jean Baptiste
Il est surprenant de voir le rôle que Dieu a réservé à Jean. Il est le modèle parfait de tous ceux qui préparent la venue du Seigneur, en eux, autour d’eux. Il est, avec une extrême humilité, le témoin de l’Agneau et celui qui fait venir l’Esprit.
Dans la prière de l’Eglise, Jean est le seul saint dont on célèbre la naissance en ce monde. L’Eglise célèbre ordinairement la naissance au Royaume des Cieux. Mais lui dépasse les plus grands prophètes. Avant même de voir le jour, il tressaille dans le sein de sa mère, témoignant de la présence de Celui qui est plus grand que lui. « Parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas de plus grand ».
Jean est la jointure entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Il a précédé le Christ avant sa naissance, il est le précurseur de sa vie publique. « Il y eut un homme envoyé par Dieu dont le nom était Jean. Il vint comme témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui ». Il prépare les voies du Christ. Jusqu’à Jean il y avait le fardeau de la Loi, avec Jean, la liberté surgit. Cela ne rend caducs ni les préceptes ni l’ordre ancien. Il vient pour tracer les sentiers, aplanir les montagnes. Aux hommes de son temps complètement occupés de leurs intérêts matériels (ils ressemblent à ceux de notre époque), il les tourne vers Dieu. « Produisez des fruits du repentir ». Jean les éveille à la présence du Seigneur, Il est parmi nous. « Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas ».
Prophète de conversion, Jean est celui qui baptise, celui qui fait plonger dans le Jourdain pour se purifier, pour se préparer à une alliance nouvelle. Pour être baptisé, il renvoie chacun à son existence, à ses responsabilités sociales, professionnelles. Il s’agit de vivre avec Dieu dans ce monde. Etre solidaire : « Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en n’a pas », être honnête : « ne pas exiger plus », respecter autrui « ne fais ni violence, ni tort à personne ».
Jean est le plus grand des enfants des hommes, il est l’agrafe entre l’ancien et le nouveau testament, il est le Baptiste qui appelle à se purifier pour voir le Christ parmi les hommes. Jean est l’homme de foi, de celle qui cherche ardemment Dieu. Le désert est le lieu de la rencontre avec Dieu, il y vit ce désir : rencontrer Dieu, d’où sa vie d’austérité non de souffrance, mais le refus de vivre comme ce monde qui oublie Dieu et n’en veut pas.
Jean est le témoin qui s’efface. Il montre l’Agneau de Dieu et affirme son indignité devant Lui. Il a des disciples, il les envoie au Christ. Cet effacement devant Dieu est stupéfiant. Il est la lampe non la lumière. « Il faut qu’Il grandisse et que moi je diminue ». Jean a subi les épreuves de la foi, les doutes, les craintes : « Es-tu celui qui doit venir ? ». Ces moments où l’on ressent l’abandon de Dieu et des siens.
Jean est le passeur, il conduit de l’autre côté du fleuve et refait la traversée pour se mettre au service d’autres voyageurs. Le témoin qui s’efface pour mieux annoncer. Il est l’image de tous ceux qui préparent les hommes à la venue du Seigneur, qui redisent que c’est dans notre existence qu’Il vient. C’est là qu’il nous faire de la place pour que sa lumière nous éclaire et tout cela dépend de notre prière.
Père Claude Navarre
Feuille paroissiale du 25 juin 2006