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Plusieurs fois dans l’année les Conseils de Quartiers réunissent dans l’arrondissement des représentants des associations, des élus, des personnalités, mais également, puisqu’ils sont publics, tous les habitants qui désirent y participer.
Comme curé de la paroisse, je fais partie du Conseil de Quartier Grenelle-Javel. Je pense que c’est une chance de pouvoir discuter sur les questions qui préoccupent nos concitoyens : sécurité, nuisance sonore, aménagement des rues, etc... Sans doute serait-il intéressant, également, que l’on aborde d’autres questions, comme celles liées à la situation des familles ou à la pauvreté dans notre arrondissement.
A la croisée des chemins notre église a un rôle à jouer dans ce quartier. Elle est certainement le lieu de rencontre le plus fréquenté chaque semaine. Chrétiens et parisiens nous ne pouvons pas nous désintéresser de ce qui fait le quotidien de notre vie. Quelles que soient nos convictions politiques, s’engager pour qu’il y ait plus de dialogue, d’échange, et une meilleure qualité de vie dans notre voisinage est une tâche qui nous incombe.
Père O Ribadeau Dumas
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La petite bande d’amis de notre voisinage était très diverse concernant leur appartenance religieuse. Je me souviens que chez David, un juif d’origine turque, il y avait un petit étui sur le montant de la porte d’entrée. Quand on venait le chercher pour jouer avec nous, il touchait cette petite boîte avec ses doigts, et après il embrassait ses doigts en sortant. Mes amis non juifs trouvaient cette pratique un peu bizarre. Mais elle ne m’a pas semblée tellement étrange. Je croyais que c’était quelque chose comme la fontaine d’eau bénite qui se trouvait à l’intérieur de la porte d’entrée de notre maison.
En fait, cet étui est appelé une mezouzah. A l’intérieur sur un parchemin sont écrits les mots : « Ecoute, Israël, l’Eternel, notre Dieu, l’éternel est UN. Béni soit à jamais le Nom de son règne glorieux. Tu aimeras l’Eternel ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens. Ecris-le sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. »
L’historien juif du premier siècle, Flavius Josèphe, fait référence à cette pratique d’inscrire ces mots sur les portes des foyers. Est-ce que la maison de la Sainte Famille de Jésus a eu une chose pareille ? Je ne sais pas. Mais je suis content de penser à un petit Jésus qui la touchait avec révérence avant de partir avec ses amis. Et quand Il était grand et partait pour sa mission, est-ce que son dernier acte après avoir donné une bise à sa mère était d’embrasser la mezouzah en pensant à son Père céleste ?
Souvent, en parlant de l’Evangile de ce dimanche on note que Jésus nous a parlé de deux commandements. On aime bien rappeler que Jésus a mis l’Amour pour nos prochains au même niveau que l’Amour de Dieu. Et en faisant ça de temps en temps on peut penser que tout ce qui est essentiel est l’Amour de notre prochain.
Mais pour nous, qui avons le don de la foi, l’Amour de notre prochain n’est pas tout. Nous, qui sommes protestants, musulmans, juifs, orthodoxes et catholiques, c’est à nous de rappeler, célébrer, et apprécier l’Amour de notre Dieu. C’est plus facile peut-être de mesurer notre Amour envers les autres, nos prochains, mais comment mesurer notre Amour pour Dieu ? Est-ce que nous apprécions sa présence au foyer, au travail et dans la cour de récré ? Est-ce trop difficile d’imaginer embrasser notre Père céleste ?
Père Brien Mc Carthy
Feuille paroissiale du 5 novembre 2006