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Au commencement de la mission de Jean-Baptiste, Luc convoque tout le gotha de l’époque : tant les chefs politiques (Tibère, Pilate, Hérode) que les chefs religieux (Hanne, Caïphe). Face à ces puissants du monde, dont Luc précise soigneusement les titres, le dénuement de Jean-Baptiste est frappant : il est le fils d’un inconnu, Zacharie, et c’est dans le désert que la Parole de Dieu lui est adressée. Sa voix crie dans le désert, dit le texte ; elle arrivera aux oreilles des puissants, sans toutefois provoquer chez eux plus qu’une interrogation fugace.
Hérode, qui aimait pourtant entendre Jean-Baptiste, le fit mettre en prison avant de le faire décapiter pour ne pas renier publiquement sa parole... Il fut aussi impliqué dans le procès de Jésus, comme Pilate, Hanne et Caïphe. On sait que Hanne et Caïphe, les grands prêtres, furent des acteurs déterminants dans la condamnation de Jésus... Hérode, lui, fut joyeux de voir Jésus lors de son procès, car il désirait le voir depuis longtemps pour ce qu’il entendait dire de Lui. Il le renvoya pourtant à Pilate, se soumettant à l’influence des prêtres. Quant à Pilate, lui aussi fut interpellé par ce Jésus qu’on lui demandait de condamner à mort ; un instant il défendit son innocence avant de Le livrer, sous la pression de la foule.
La mention par Luc de ces personnages n’est pas innocente ; elle nous invite à réfléchir à la manière dont nous accueillons l’annonce de la naissance de Jésus : peut-être nos puissances, nos pouvoirs, nos sécurités ou nos conformismes sont-ils des obstacles à la pleine réception de cette Parole de vie ? Peut-être nous faut-il suivre un moment Jean-Baptiste au désert en prenant distance vis-à-vis de nos activités, quitter nos assurances en entrant dans le dénuement d’un regard de vérité sur nous-mêmes. Alors nous pourrons découvrir au fond de nos cœurs le secret désir qui nous habite. Alors nous découvrirons peut-être avec plus de force, à la fois le caractère extraordinaire que représente la naissance de Jésus, et aussi, combien nous désirons Le laisser nous rejoindre, Le laisser aplanir ce qui dans nos vies sont vallées et montagnes qui nous enferment.
Le temps de l’Avent est celui de la parole qui annonce le Salut de Dieu pour tout homme. Prenons le temps de l’entendre, elle nous est destinée.
Père Baudoin Roger
| Il y a des choses qui me mettent en colère. La malhonnêteté intellectuelle en fait partie. Or, force est de constater que celle-ci a bien cours ces derniers temps. J’en veux pour exemple ce que les médias ont dit de la position des Évêques sur le Téléthon.
L’offensive, vous vous en souvenez est partie d’un laïc du diocèse de Toulon. Depuis, plusieurs Évêques, dont le nôtre, se sont exprimés. Ils ont tous loué la générosité exprimée par le Téléthon, et rappelé ce qui peut paraître une évidence : les donateurs ont le droit de savoir à quoi servent les fonds qu’ils donnent et de donner pour ce qu’ils désirent !
Un autre exemple : le voyage du Pape en Turquie. J’ai lu, avec stupeur, dans des journaux que le Pape se serait montré favorable à l’entrée de la Turquie en Europe. Lorsqu’on lit les déclarations officielles on s’aperçoit que le Pape a parlé d’un rapprochement avec l’Europe et ses valeurs et notamment de la liberté religieuse.
Qui a intérêt à, systématiquement, déformer les propos qui émanent de l’Église Catholique ?
Père Olivier Ribadeau Dumas
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