Comme les rois mages...
Tout d’abord, à nous en tenir au texte évangélique, les rois mages ne sont ni rois, ni trois, ni ne portent les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar, ni ne viennent d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Non, ce sont des mages venus du Levant, tout simplement ; c’est-à-dire, des savants originaires de Babylonie, versés dans l’étude des astres. L’homme de ce temps (et parfois encore du nôtre) croyait en effet que son destin dépendait des étoiles et cherchait à connaître son avenir en étudiant leurs conjonctions. Or dans l’évangile, les mages sont invités à une expérience nouvelle : l’étoile qu’ils suivent s’arrête au-dessus de l’endroit où se trouve le petit enfant. Ce n’est plus l’étoile qui fixe le destin de l’enfant mais l’enfant divin qui fixe le destin de l’étoile. En lui, l’homme est désormais libéré des éléments de ce monde, d’une existence vécue dans la crainte de l’avenir et cherchant par des signes à se rassurer. Dans le Christ, l’homme devient libre, parce qu’il se découvre lui aussi fils de Dieu, à l’image de l’enfant de la crèche.
Dans cette perspective, nous pouvons comprendre comment la piété populaire a peu à peu enrichi les figures des mages jusqu’à en faire des rois. Car désormais, tout homme est appelé à la royauté par son baptême. Cette royauté s’exerce dans la reconnaissance de la royauté du Christ (offrande de l’or), l’adoration de Dieu (offrande de l’encens) et le service des hommes (offrande de la myrrhe). Peu à peu le chiffre de trois rois s’est imposé, en référence à ces trois offrandes, puis aux trois âges de la vie, et enfin aux trois continents connus au Moyen-Âge (Europe, Asie, Afrique) pour dire l’universalité du salut, déjà annoncée par les prophètes. Les prénoms qu’ils reçurent les rendirent plus proches du peuple chrétien qui put les invoquer comme saints. Les reliques de trois corps bien conservés, soi-disant rapportées des croisade par Frédéric Barberousse, furent, par une heureuse providence, trouvées à Milan, et transférées à Cologne : pour les abriter, on construisit la cathédrale gothique de cette ville, d’où l’Eglise put rayonner sur la Rhénanie ; il y a deux ans, à l’invitation du pape, les jeunes du monde entier (dont ceux de la paroisse) s’y rendaient en pèlerinage lors des JMJ, et y vénéraient les reliques des mages pour mieux adorer le Christ.
Tout homme est en effet invité à vivre l’expérience spirituelle des mages : apprendre à adorer Dieu qui se fait petit enfant. Au Moyen-Âge, le tirage au sort de ceux qui joueraient les rôles des rois mages lors du mystère de la nativité joué sur le parvis des cathédrales, illustre cette vérité spirituelle. Ce tirage au sort se faisait en distribuant les parts d’une galette, ronde et dorée comme le soleil qu’est le Christ et contenant des fèves : notre galette des rois !!!
Père Antoine Vidalin
Feuille paroissiale du 7 janvier 2007
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Dans beaucoup de débats qui agitent aujourd’hui l’Église, une question demeure sous-jacente, celle du rapport entre l’Église et le monde.
On peut considérer que la société occidentale qui veut chasser Dieu de son univers est mauvaise et que le juste comportement chrétien est de s’y opposer par tous les moyens.
On peut aussi reprendre l’intuition de Vatican II et entrer en dialogue avec le monde, se risquant au nom de l’Évangile à une parole vraie et forte. Nous ne serons crédibles que si nous acceptons de nous convertir chaque jour à la Parole du Christ.
C’est ce monde que Dieu aime. Le mystère de la nativité que nous avons célébré nous l’a rappelé.
Père O. Ribadeau Dumas
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