Ordinaire ?
Noces de Cana
Le temps de Noël à peine achevé, nous voilà projetés dans le temps « ordinaire » : l’Épiphanie a clos le temps de Noël dimanche dernier, dès lundi, nous avons fêté le baptême de Jésus, et nous voilà à Cana, pour un mariage qui marque le début du ministère de Jésus.
Ordinaire ? Le terme semble mal choisi. Les cieux ouverts au baptême de Jésus, l’eau changée en vin... des événements qui semblent aussi peu ordinaires que ne l’était le vin de Cana... Ce temps n’est pas ordinaire au sens classique du terme parce que Noël a définitivement transformé notre monde et l’humanité qui l’habite : « Le Royaume de Dieu est au milieu de vous ».
La naissance de Jésus n’est pas seulement un événement de l’histoire, une date dont on fait mémoire. Elle a bouleversé l’histoire en l’ouvrant à une nouveauté radicale dont nous ne mesurons pas toujours le caractère extraordinaire : en Jésus, Dieu s’est fait homme, et en Jésus, Dieu s’est uni à tout homme. « Les cieux se sont ouverts » nous dit-on au baptême de Jésus ; le monde n’est donc plus coupé de Dieu, isolé, enfermé dans la matérialité froide ; il est désormais éclairé par la présence divine. Ainsi les noces célébrées à Cana sont-elle l’image d’une union beaucoup plus large et plus fondamentale. Dieu s’est rendu présent à sa création et à son peuple : « je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » promet Jésus à la fin de l’évangile de Matthieu.
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Le don de l’unité
Chaque année, du 18 au 25 janvier, les chrétiens se retrouvent unis dans la prière pour demander à Dieu le don de l’unité. Un de mes professeurs de séminaire parlait de cette semaine comme de la « démangeaison annuelle pour l’unité », regrettant que la prière et l’action n’aient pas lieu tout au long de l’année.
Aujourd’hui, le fruit du dialogue œcuménique est la « fraternité retrouvée » selon l’expression de Jean-Paul II. Cette fraternité est à vivre avec toute les Églises et communautés ecclésiales chrétiennes et, particulièrement avec le défi que représente l’expansion dans notre pays des mouvements évangéliques et pentecôtistes. Cette expansion est une invitation aussi à nous interroger sur la recherche de nos contemporains qui trouvent un écho dans ces communautés et pas forcément dans nos « vieilles Églises ».
Puissions-nous faire nôtre cette affirmation de Vatican II : « La division des chrétiens s’oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l’Évangile à toute créature ».
Père Olivier Ribadeau Dumas
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