Le Christ nous attend, elle passe la figure de ce monde
Après avoir été à maintes reprises depuis quelques mois témoin de catastrophes plus ou moins lointaines, notre pays a été touché il y a une semaine par une tempête d’une violence exceptionnelle. Les pertes humaines, les blessures psychologiques, les dégâts matériels sont considérables. Une fois de plus des vies seront définitivement marquées par un événement naturel d’une durée très brève au regard du temps qui sera nécessaire aux deuils et aux reconstructions
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Et revient donc cette lancinante question du mal. Qui est responsable ? Pourquoi a-t-on laissé construire en zones à risque ? Les autorités locales ont-elles manqué à leurs responsabilités ? Et que fait le gouvernement ? Il va falloir trouver des coupables, des boucs émissaires.
De fait, il est nécessaire de faire tout son possible pour limiter les conséquences destructrices des catastrophes naturelles et éviter les erreurs humaines. Pourtant, on a l’impression que la recherche d’un coupable part du principe que les hommes devraient pouvoir tout maîtriser. C’est penser que tout est possible et que l’homme dispose d’un droit naturel à vivre longtemps et en sécurité. La quête d’un coupable voudrait nous débarrasser de la douleur, comme si la douleur ne devait pas exister.
Dans nos pays, nous avons beaucoup de difficultés à faire face à la souffrance. Nous estimons que nous pouvons nous protéger de tout, nous assurer contre tout. La souffrance doit être empêchée à tout prix. Et cela est une illusion. Nous vivons dans un monde d’insécurité. C’est ainsi. Et en marge de la recherche des coupables, d’autres questions surgissent : que faisait Dieu ? Pourquoi n’a-t-il pas empêché cela ?
Il me semble que trois questions se posent face à ce type d’événement. D’abord ne contraignons-nous pas trop la nature ? Certaines catastrophes ne sont-elles pas parfois une sorte de rébellion de sa part ? D’où une autre question : qu’est-ce que la nature ? La création porte et portera toujours en elle des aspects menaçants et incontrôlables.
Enfin, une dernière question concerne notre image de Dieu. Qui est Dieu s’il n’empêche pas de telles catastrophes ? Comment pouvons-nous comprendre un Dieu qui a créé un monde aussi dangereux ? Est-ce que nos conceptions de Dieu ne sont pas trop souvent le fruit des projections de nos concepts humains et de toutes nos angoisses ou de nos caprices ?
Les évangiles des 3ème, 4ème et 5ème dimanches de Carême vont nous donner des éléments de réponse essentiels dans cette réflexion. Ils accompagnent les dernières étapes de l’initiation des catéchumènes dans leur préparation au baptême. Ils nous accompagnent aussi vers la célébration de l’anniversaire de notre baptême. Le Christ nous attend, elle passe la figure de ce monde. Pour les chrétiens, la question lancinante du mal et du péché ne trouve sa solution définitive que dans le Mystère Pascal. Le temps du Carême n’a d’autre but que de nous y préparer.
Père Pascal Thuillier