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Éditorial n° 34 du 15 avril 2007


Que la Paix du Seigneur soit toujours avec vous !

L’Évangile de ce dimanche raconte deux des apparitions de Jésus aux apôtres après sa résurrection. Trois fois Il leur adresse la même parole : « La paix soit avec vous ». On pourrait bien sûr réfléchir à l’impact de ces mots sur les apôtres qui, sans doute, en avaient besoin. Mais j’aimerais bien en profiter comme tremplin pour parler du rite de la paix dans nos messes.

Selon le Missel Romain, avant le geste de la fraction du pain, « le prêtre, étendant les mains, ajoute : que la paix du Seigneur soit toujours avec vous. Il joint les mains. L’assemblée répond : et avec votre esprit. Ensuite, si cela convient, le diacre ou le prêtre ajoute, par exemple : (Frères), dans la charité du Christ, donnez-vous la paix. Et tous se manifestent la paix et la charité mutuelles selon les coutumes locales. »

Dans la nuit de la Pâques éclate la victoire de la Vie sur toute mort, le triomphe de l’Amour sur la haine.

Le chrétien est un amoureux de la vie. Comme le disait notre archevêque lors de la messe chrismale, nous aussi nous sommes affrontés à la souffrance et à la mort, mais nous croyons que la grandeur de l’homme n’est pas dans le choix de l’instant où il veut mourir mais dans l’accueil jusqu’au bout de cette vie qui lui est donnée.

Récemment, Monseigneur Vingt-Trois et David Messas, grand rabbin de Paris, ont signé une déclaration commune, juive-catholique sur le soin des malades en fin de vie. Ensemble, ils rappellent l’exigence du commandement « Tu ne tueras pas », le refus de l’acharnement thérapeutique et l’importance des soins palliatifs.

Je vous invite à lire cette déclaration sur le site du diocèse (www.catholique-paris.com). Elle nous rappelle le prix de toute vie. Et la présence dans notre quartier de la Maison Médicale Jeanne Garnier, avec le dévouement de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, y travaillent, est un signe qu’une vie peut être vécue jusqu’au bout. Père O. Ribadeau Dumas

Bien que ce geste ait été longtemps absent des messes avant Vatican II, c’est sûr qu’il était bien présent dans les Eucharisties célébrées dès les premiers siècles de l’Église. Dans certaines régions, l’échange d’un baiser de paix précédait l’offertoire en rappelant les paroles du Christ : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ». (Mt 5, 23-24). C’était important que la communauté célèbre l’Eucharistie dans l’union des uns et des autres et que ce geste de paix symbolise ce désir d’être réconcilié avec son prochain dans la communauté et ailleurs.

Pour d’autres anciennes communautés, le baiser de paix suivait le Notre Père et ces mots : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » Dans l’un ou l’autre cas, c’est clair que l’échange de la paix était et est plus qu’une simple salutation entre deux personnes.

Comme n’importe quel rite ou rituel ce geste peut sembler artificiel ou même faux, voire hypocrite, parce qu’il n’est pas spontané dans nos actions ou paroles quotidiennes. Mais telle est la nature des rites ! Ainsi le geste et les paroles « la paix du Christ » peuvent être une vraie réconciliation entre deux membres de la communauté mais c’est aussi un rite qui, au moment où on s’unit avec le Corps du Christ dans la communion, célèbre et rend présentes la paix et l’unité du Christ avec la communauté et le monde entier.

Que la Paix du Seigneur soit toujours avec vous !

Père Brien Mc Carthy

Word - 1.3 Mo
Feuille paroissiale du 15 avril 2007

 

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