Paroisse Saint Jean-Baptiste de Grenelle : 14 place Etienne Pernet 75015 PARIS, secretariat@sjbg.org

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Historique de l’église Saint Jean-Baptiste et du quartier de Grenelle


Grenelle

Jusqu’au début du XIXè siècle, la plaine de Grenelle (une “garenne”) est un vaste territoire agricole régulièrement envahi par les crues de la Seine. Longtemps fief de l’abbaye parisienne de Sainte Geneviève, devenue bien national à la Révolution, la plaine de Grenelle est achetée par César Ginoux, affermée à un agriculteur, Monsieur de Frémicourt (on reconnaît déjà le nom des rues du quartier), puis vendue, en 1824, à Jean-Baptiste Violet. Associé à Monsieur Letellier, le nouveau propriétaire crée un lotissement “Beaugrenelle” sur un plan orthogonal classique, avec tout ce qui est nécessaire à un nouveau village : voirie, marché, théâtre... et église.

On en construit une, de 1828 à 1831, d’abord destinée à remplacer Saint-Lambert du quartier Vaugirard voisin, puis érigée en paroisse de la nouvelle commune de Grenelle qui, trente ans plus tard, est rattachée à Paris, avec les communes environnantes pour former le 15e arrondissement en 1859.

L’église de Charles X

Voulue par le lotisseur, Jean-Baptiste Violet, qui lui donne son prénom, financée par lui (en contrepartie de l’autorisation d’installer un marché sur la place), l’église de Charles X est plus simple que l’église actuelle. Vue de la rue du Commerce, son aspect est identique avec son clocher un peu incongru, gothique pour certains, hindou pour d’autres !

Elle est construite sur un plan basilical, comme une dizaine d’autres églises de la même époque. C’est le retour de la simplicité et de l’authenticité que l’on prête aux premières basiliques romaines. Elle est constituée d’une nef et de deux bas-côtés séparés par des colonnes, un porche également à colonnes, une abside en rotonde. L’église n’est pas voûtée mais dotée d’un plafond plat. Elle restera à l’identique pendant cent ans.

Les journaux de septembre 1827 relatent avec un luxe de détails la pose de la première pierre par Madame la Dauphine, duchesse d’Angoulême, et sa nièce, “Mademoiselle”, en présence du Préfet, du Maire et de l’Archevêque. Les rues ne sont pas encore pavées, le chantier est boueux et tout ce beau monde se hasarde sur des planches, relevant qui sa robe, qui sa soutane !

Dès septembre 1828, l’église, encore inachevée, est ouverte au culte. Elle va se compléter et se meubler pendant quarante-cinq ans : chaire et banc d’oeuvre, tribune, orgue, autel, dont on dit qu’il provient des démolitions de Viollet le Duc à Notre-Dame, tableaux, vitraux, statues. Le clocher est doté d’une horloge « pour rendre service à la population ouvrière de la localité », on y installe des cloches que l’on sonne du péristyle. Vers 1854, il y a un calorifère et l’éclairage au gaz. Pourtant, dès les années 1840, l’église est jugée trop petite et des projets successifs prévoient son agrandissement. Aucun n’aboutit. Toutefois, deux chapelles construites dans le voisinage en 1872 et 1886 sont desservies par la paroisse. En 1909, une pétition (restée sans suite) réclame la démolition de l’église et sa reconstruction sur un terrain voisin pour permettre la jonction de la rue du Commerce et de l’avenue Félix-Faure. Finalement l’agrandissement de l’église est décidé en 1924.

Notre église

Les travaux durent deux ans (1924 à 1926) : le choeur est démoli, on crée un transept et un nouveau choeur avec une chapelle de chevet. La partie nouvelle est considérablement exhaussée, ce qui permet d’aménager une chapelle basse de plain pied avec la rue. Le plafond est remplacé par une voûte en plein cintre et la croisée du transept est couverte d’une coupole aplatie. À l’arrière, on construit une sacristie et des locaux à usage de bureaux et de logements.

Pratiquement tout le mobilier de l’ancienne église disparaît. La décoration est confiée au peintre Henri Nozais qui, de 1928 à 1930, réalise des peintures murales au-dessus des baies du transept, dans le choeur de la chapelle de chevet et dans la coupole du transept. Elles figurent des épisodes de la vie de saint Jean Baptiste (naissance, rencontre avec le Christ au bord du Jourdain, présentation du chef par Salomé, accueil au ciel par le Christ). Les autres éléments de décoration présentent peu d’intérêt, sauf deux vitraux du XIXe siècle provenant de l’ancienne église et deux statues modernes, en bois, du sculpteur Gustave Dormigny. Un nouvel orgue de la manufacture Haerpfer a été installé tout récemment.

Les oeuvres

Enfin, n’oublions pas que l’histoire de l’église se confond avec celle du quartier et de ses habitants.

Au départ, dans la première moitié du XIXe siècle, la population est formée majoritairement d’artisans et d’ouvriers vivant dans des conditions de grande précarité (misère des foyers chargés d’enfants, maladies, épidémies dues à l’insalubrité, inondations ... ). Dans ces conditions, l’histoire du quartier est aussi celle des fondations chrétiennes destinées à aider les familles dans leur vie matérielle et dans l’éducation de leurs enfants.

 

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