Paroisse Saint Jean-Baptiste de Grenelle : 14 place Etienne Pernet 75015 PARIS, secretariat@sjbg.org

Paroisse Saint Jean-Baptiste de Grenelle : 14 place Etienne Pernet 75015 PARIS, secretariat@sjbg.org

Actualités












Dîner paroissial
 Samedi 24 janvier à 20 h 30, dans la salle Etienne Pernet. Tous sont invités à ce grand moment de convivialité. Prenez le tract d’inscription dans l’église et remettez-le à l’accueil.


Nouvelle brève
 Le second module du parcours de formation Croire et comprendre débute jeudi 15 janvier à 20 h 30 à la maison paroissiale : l’Incarnation pour la rédemption : Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique pour que le monde soit sauvé.


168782 visiteurs
221 aujourd'hui
1 connecté(s)
PageRank 3

  Flux RSS
  L'Interface rédacteur

Archives > Art et culture > Conférences > De l’Évangile de Judas au Judas des Évangiles >

L’évangile de Judas


L’évangile de Judas appartient à l’univers de la Gnose (ou gnosticisme). Il en est une production. Il est donc nécessaire de connaître ce qu’est la Gnose pour lire et comprendre cet écrit, ressurgi des sables de l’Egypte et de la poussière des siècles, il y a une trentaine d’années et publié pour la première fois en français au printemps dernier.

On connaissait l’existence de ce texte par saint Irénée, évêque de Lyon, qui écrit autour de 170 après JC, et s’emploie justement à combattre la Gnose en exposant et réfutant ses systèmes variées, dans son ouvrage : Dénonciation et Réfutation de la Gnose au nom menteur connu encore sous le nom de Contre les hérésies. Jusqu’au milieu du XXème siècle, notre connaissance de cette gnose s’appuyait surtout sur les auteurs chrétiens qui, tels saint Irénée, les avait combattus, car la grande majorités de leurs écrits avaient disparus. Or, en 1945, toute une collection de papyrus, issue d’une bibliothèque gnostique, est retrouvée à Nag-Hammadi en Egypte.

L’étude de ces documents a considérablement renouvelé notre connaissance de la Gnose. Elle a révélé en particulier que celle-ci n’était pas spécifiquement chrétienne, mais qu’il en existait des formes païennes antérieures. Ce n’est donc pas un mouvement né en milieu chrétien et qui serait ensuite devenu une hérésie, mais un courant de pensée, né en marge du christianisme et qui, à un certain moment, a essayé de pénétrer les milieux chrétiens. Les historiens s’accordent à dater son apparition autour de l’an 150 ap. J. C. C’est à partir de ce moment que l’essentiel des textes gnostiques va être produit, dont les pseudo-évangiles gnostiques de Judas, de Thomas, de Marie. Ils seront d’abord écrit en grec, mais les manuscrits retrouvés sont des traductions en copte, datant des III ou IVèmes siècles. Le grand foyer de la Gnose sera Alexandrie, ce qui explique que la plupart des manuscrits aient été retrouvés en Egypte. Leurs dates de production nous montrent l’écart significatif et décisif qui sépare ces textes de nos évangiles canoniques dont Anne-Claire Bolotte nous a rappelé la formation. Au moins un demi-siècle ! A l’époque où les écrits gnostiques apparaissent, le Canon de l’écriture est pour l’essentiel constitué. Saint Irénée ne reconnaît que les quatre évangiles canoniques comme ayant une origine apostolique et le Canon de Muratori, liste des écrits reconnus comme inspirés et datant de 170, mentionne la quasi totalité des livres du Nouveau Testament.

Voilà pour ce qui est des dates. Entrons maintenant dans la compréhension du mouvement gnostique. A vrai dire, il ne s’agit pas d’un mouvement en tant que tel, puisque le propre de la Gnose, comme nous le dit déjà Irénée est de proliférer en de multiples sectes aux doctrines variés. Pourtant, il y a un esprit qui domine et qui permet de parler de la Gnose en général. Essayons donc de comprendre le fond de l’attitude gnostique. Je m’inspire pour cet exposé des travaux des éminents spécialistes qui ont travaillé depuis le dernier demi-siècle sur les manuscrits de Nag-Hammadi : Jean Doresse, Henri-Charles Puech et Hans Jonas.

L’attitude gnostique

Le gnostique est tout d’abord un homme qui souffre, qui souffre de sa condition humaine, qui se sent limité et vulnérable dans son corps, qui souffre de la précarité des êtres, des joies et des plaisirs, de ce temps qui emporte et corrompt toute chose, de ce monde qui s’impose à lui et le blesse. Le gnostique alors s’interroge et pose la question : d’où vient le mal ? Pourquoi la souffrance ? La différence avec les autres civilisations qui, toutes, ont posé cette question et ont été confrontées à un mystère, est que le gnostique va exiger une réponse rationnelle. Pour lui, la réponse est contenue dans la question même : s’il se pose la question, si la souffrance lui paraît scandaleuse, c’est que quelque chose en lui n’est pas de ce monde et lui échappe, c’est qu’il est, au fond de lui, étranger à ce monde. Il est l’étranger, en grec, l’Allogène, un étranger d’origine divine qui souffre, enchaîné dans un corps et enfermé dans un monde de matière. Ce qui est mauvais, c’est donc le monde, la matière, le corps et le temps. Il faut alors trouver un responsable, ou tout au moins une cause à cette situation contre-nature d’un être d’origine divine, enfermé dans ce monde. Le responsable sera le Créateur de ce monde, qui ne peut en aucun cas être le vrai Dieu, mais un être inférieur, ignorant et stupide. Ce sera, dans la gnose païenne, le Démiurge platonicien, et dans la gnose chrétienne, le Dieu de l’Ancien Testament. Quant au vrai Dieu, on ne peut rien en dire, il est le Tout Autre, totalement transcendant à ce monde avec lequel il ne peut avoir aucun rapport : ce sera le Pro Père, l’abîme, le Silence, le Néant ... De cette divinité sont émanés des éons, des êtres divins qui forment le Plérôme divin.

Mais comment alors expliquer ce monde ? Il sera le produit d’une chute. Pour en rendre compte, les gnostiques inventeront des mythologies diverses et très complexes, qui expliqueront le monde comme le fruit d’une déficience d’un des éons divins, produisant à son tour un démiurge : celui-ci, totalement ignorant du Dieu ineffable se prend pour le vrai Dieu et veut créer l’homme à son image et qu’il lui reste soumis. Mais subrepticement, un éon divin, met en certains hommes ainsi créés l’étincelle de l’esprit divin, au nez et à la barbe du démiurge.

Comment le gnostique sera-t-il dès lors sauvé ? Par la connaissance de cette origine divine qui est la sienne et qui le rend libre vis-à-vis des contraintes de ce monde. Le mythe est alors une initiation au savoir de cette origine. De là vient le nom de Gnose, en grec, gnosis, qui signifie ‘connaissance’. La Gnose est bien une religion de salut, mais de salut par la connaissance.

Dans les textes gnostiques, le mythe salvateur est souvent mis sur la bouche d’un Révélateur : ce dernier est soit l’apparition fantomatique d’un éon divin, soit un éon divin ayant revêtu l’apparence d’un homme. Ces textes sont secrets et réservés aux adeptes, ce qui explique qu’on en ait perdu la trace au cours des siècles, jusqu’à la découverte inespérée de Nag-Hammadi. Si Irénée a pu connaître ces textes, c’est surtout grâce à des chrétiens (plus souvent des riches chrétiennes) égarés pour quelques temps dans les sectes gnostiques et qu’il avait réussi à ramener dans l’Eglise. Le gnostique, une fois affranchi, se sait donc différents des autres et au-dessus d’eux. Il sait que le monde ne peut l’atteindre. Ainsi que le gnostique Valentin l’affirme : de même que l’or, tombé dans la boue, ne peut perdre sa qualité d’être de l’or, ainsi pour le gnostique, tombé dans ce monde.

Lorsque la Gnose touchera les milieux chrétiens, elle cherchera à récupérer la Bible de son côté, c’est-à-dire à la réinterpréter selon sa doctrine. Pour faire croire qu’elle est chrétienne, elle produira des contre façons d’évangiles : elle y récupère Jésus et réutilise parfois des paroles venues des évangiles canoniques. Ces évangiles sont des discours mis sur la bouche de Jésus. Ils ne racontent pas une histoire : comment pourrait-il y avoir une histoire ayant du sens puisque le temps est mauvais ? Pas de mort et de résurrection non plus, puisque le Jésus gnostique n’est pas incarné : il s’agit soit d’une apparition, soit d’un éon divin (Christ par exemple) qui habite le corps d’un homme Jésus, ce qui est une forme de docétisme. Le discours du Jésus gnostique est adressé à un disciple choisi pour recevoir une révélation supérieure à celle des autres Apôtres : ce sera Thomas, Philippe, Marie-Madeleine, ou encore Judas, comme nous le verrons. C’est ainsi que Valentin distinguera trois types d’hommes : les matériels (qui ne connaissent rien), les psychiques (ce sont les chrétiens qui connaissent le Démiurge mais ignorent le vrai Dieu) et les spirituels qui ont la Gnose.

En niant le monde et le Dieu qui l’a fait, le gnostique sera aussi conduit à nier le bien et le mal comme émanant de la Loi du Démiurge (ainsi pour les Dix commandements) qui veut maintenir par là l’homme en esclavage. Le gnostique est donc au-delà du Bien et du Mal : sa morale sera donc un amoralisme et une indifférence au monde qu’il ne s’agit plus d’essayer d’améliorer. Cet amoralisme revêtira deux formes opposées : soit un refus du monde (et aussi du corps, la sexualité et de l’engendrement) qui conduira à des formes d’encratisme (continence volontaire) ; soit au contraire, une licence exigée en impératif moral : il faut se rebeller contre toutes les contraintes de ce monde par lesquelles le Démiurge nous aliène : ce sera la sexualité libre (sans engendrement, car faire naître des enfants revient à faire le jeu de ce monde mauvais), sexualité parfois ritualisée, visant à surmonter la différence sexuelle vécue comme aliénante, mise en commun des femmes et des biens, avortements : saint Irénée nous relate la théorie gnostique suivant selon laquelle « on ne peut être sauvé autrement qu’en s’adonnant à toutes les actions possibles (...) En tout péché ou acte honteux, à les en croire, un Ange (représentant du Démiurge) est présent : il faut commettre hardiment cet acte et faire retomber l’impureté sur l’Ange présent en cet acte, en lui disant : ‘O Ange, j’use de ton œuvre ; O puissance, j’accomplis ton opération. La voilà, la gnose parfaite : s’adonner sans crainte à des actions qu’il n’est pas même permis de nommer ! (Contre les hérésies, I, 31, 2) ».

Enfin, les gnostiques, en cohérence avec leur logique, feront l’apologie des personnages de l’Ancien Testament, rebelles au Dieu créateur du monde : ce sera en premier lieu, le Serpent de la Genèse, qui sera le premier gnostique et qui initie Adam à la connaissance (ou Gnose). Puis on trouvera Caïn, pris en exemple par la secte des Caïnistes et dans laquelle, selon Irénée, fut écrit notre Evangile de Judas. Il y aura aussi les Sodomites (habitants de Sodome), Esaü, Coré et bien entendu Judas.

Concluons provisoirement : ce qui caractérise le fond de l’attitude gnostique est un double rejet : du Dieu créateur du monde et de l’homme comme être créé. Ce rejet sera ravivé dans la rencontre avec le christianisme qui annonce justement, avec l’Incarnation du Verbe, un salut de l’homme dans sa chair : car le Verbe s’est fait chair pour que la chair soit sauvée ; Rien de plus contraire à la pensée gnostique pour laquelle la chair est ce qui doit être nié et surmonté.

Parce qu’elle nie le Dieu d’Israël comme vrai Dieu, la gnose ne peut être que faussement chrétienne. L’évangile de Judas, de ce point de vue, ne nous apprend rien, ni sur Jésus, ni sur Judas, mais il nous renseigne sur la secte gnostique dans laquelle il a été écrit. Avec ses clés, entamons donc une lecture rapide de cet évangile.

L’évangile de Judas

Le texte de l’évangile de Judas, traduit en 2006 a d’abord été découvert en 1978 en Moyenne Egypte, dans un ensemble plus large de manuscrits gnostiques. Il apparaît chez un antiquaire en 1983 et va dès lors suivre une trajectoire rocambolesque, passant de main en main, enjeu de sombres tractations financières et de rivalités entre chercheurs. Il finira par être racheté par la Fondation suisse Meceanas qui a financé les travaux de restauration du manuscrit et confié au National Geographic les droits de publication. L’histoire mouvementée du manuscrit explique en partie son piteux état actuel. Bon nombre d’incertitudes et de lacunes demeurent, ne permettant pas d’avoir une lecture satisfaisante et complète de l’évangile : on est bien souvent réduit aux conjectures. Le manuscrit est écrit en copte et les chercheurs s’accordent pour dire qu’il est la traduction d’un original grec datant d’environ 150 après J. C. Tentons à présent un survol d’ensemble :

Le titre ‘évangile de Judas’ est dans le manuscrit, à la fin du texte. Déjà une première comparaison s’impose avec nos évangiles canoniques qui jamais ne mentionnent évangile de Matthieu ou de Marc. Il s’agit toujours de l’Evangile de Jésus-Christ, Bonne nouvelle de Jésus pour les hommes. La tradition de l’Eglise ajoutera seulement selon Matthieu, Marc, Luc ou Jean. Le titre nous parle plutôt d’une Bonne Nouvelle de Judas et nous verrons en quoi cela s’accorde avec le message du texte.

Ce dernier se présente comme un dialogue entre Jésus et Judas : ce dialogue, comme pour les autres évangiles gnostiques, est purement fictif et, comme les autres, secret ; le texte commence par ces mots : « compte-rendu secret de la révélation faite par Jésus en dialoguant avec Judas l’Iscariote, sur une durée de huit jours, trois jours avant qu’il célèbre la Pâque (EJ 33) ». Notons, là aussi, une différence importante avec nos évangiles canoniques, qui ne sont pas faits pour demeurer secrets, mais être annoncés jusqu’au bout du monde.

Judas apparaît très vite comme le parfait, le gnostique qui va être mis à part des autres disciples pour accéder à une révélation plus haute. Au début de l’évangile, Jésus voit les disciples prononcer l’action de grâce au-dessus du pain, c’est-à-dire célébrer l’eucharistie, et il sourit, ce qui en copte signifie aussi qu’il se moque d’eux. Il leur signifie qu’ainsi il continue à servir leur Dieu (sous-entendu, le Dieu créateur de ce monde, le dieu des Juifs qui n’est pas le mien). Les Apôtres restent attachés à leur Dieu et ne peuvent savoir qui il est. Seul Judas s’avance et confesse son identité : « je sais qui tu es et d’où tu es venu. Tu es issu du Royaume immortel de Barbelo. Et le nom de qui t’a envoyé, je ne suis pas digne de le prononcer (EJ 35) ». Le royaume de Barbelô est justement pour certaines sectes appelées séthiennes, le plérôme divin. On sent ici une contre façon assez grossière de la confession de foi de Pierre (Mt 16, 13-20).

Dès lors, Judas doit se séparer des autres et Jésus lui annonce qu’il sera rejeté par les autres disciples. Survient alors pour les Apôtres une vision montrant douze prêtres en train de sacrifier des enfants et des femmes dans le Temple, et commettant toutes sortes de péchés. Jésus interprète la vision en leur disant que ces douze prêtres, ce sont eux, qui égarent les hommes à qui ils apprennent à servir un faux dieu, même si ce faux Dieu, le gouverneur de ce monde use de son Nom.

Jésus oppose alors deux générations : celle de ce monde qui ne peut bénéficier du salut, et la génération sainte, qui porte la semence divine. A Judas qui s’enquière de son sort, d’autant plus que dans une vision, il s’est vu lapidé et persécuté par les autres Apôtres, Jésus annonce qu’il fait parti de la génération sainte et il le nomme le Treizième esprit.

Pour Judas ainsi mis à part, Jésus commence à développer une cosmologie typiquement gnostique, extrêmement complexe et difficilement compréhensible à cause des lacunes du manuscrit. Au terme de ce récit qui s’achève avec la création de l’humanité par un démiurge fou appelé Saclas, Jésus explicite la différence entre les deux générations ou type d’hommes : ceux qui ont reçu l’esprit comme un prêt (et qui retourneront au néant) et ceux qui ont reçu l’esprit avec l’âme, pour toujours, et qu’on appelle la grande génération sans roi, c’est-à-dire les gnostiques dont fait partie Judas (cf. EJ 53).

Pour être dans cette génération, le baptême et l’eucharistie chrétiennes ne servent de rien (cf. EJ 55-56). Jésus annonce alors à Judas le moyen d’être digne de cette génération : « toi, tu les surpasseras tous ! Car tu me sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle ! (EJ 56) ». Judas est alors transfiguré et pénètre dans la nuée lumineuse, c’est-à-dire que son esprit est affranchi du monde et de son Créateur. Il est désormais initié et prêt à accomplir le dernier acte de l’évangile. En voici les dernières lignes : « (les scribes) s’approchèrent de Judas et lui demandèrent : « que fais-tu ici, toi, le disciple de Jésus ? » Judas leur donna la réponse qu’ils souhaitaient. Et il reçut de l’argent et le leur livra (EJ 58) ».

L’évangile s’achève sur ces mots, et donc sur la trahison de Judas. Irénée rapportant la fin de cet évangile écrit qu’« il a accompli le ‘mystère’ de la trahison (I, 31, 1) ». Ce qui sauve, ce n’est plus la passion, la mort et la résurrection du Christ, qui n’est d’ailleurs pas racontée, mais l’acte du Judas, par lequel il libère le Jésus gnostique (l’éon divin) de l’homme qui lui sert d’enveloppe charnelle, et grâce auquel il s’affranchit de la tyrannie de ce monde et de son créateur. Saint Irénée ajoute : « c’est ainsi que, par son entremise, ont été détruites toutes les choses terrestres et célestes (I, 31, 1) », c’est-à-dire que, par de tels actes, le gnostique détruit le pouvoir que le monde et ses anges ont sur lui. Est-ce à dire que de tels actes étaient répétés, sous formes de meurtres rituels par exemple ? Le terme de ‘mystère’ qui est du vocabulaire cultuel pourrait le laisser supposer ; on connaît en tout cas des exemples avérés de sectes pratiquant des formes d’avortement ritualisé. Ce serait cohérent avec ce que nous appelions l’amoralisme gnostique, qui se transforme souvent en une morale inversée : devoir de commettre le mal pour s’affranchir du Dieu créateur et affirmer son être divin au-dessus du Bien et du Mal.

On est en tout cas bien loin de l’Evangile de Jésus Christ, qui veut justement libérer l’homme du mal en le prenant sur lui dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. On a pu mesurer à quel point la contre façon est grossière. Elle nous fait cependant réentendre cet avertissement de Jésus : ‘méfiez-vous d’eux, ce sont des loups déguisés en brebis’.

Ce faisant nous avons poursuivi le projet d’Irénée : arracher à la gnose le masque sous lequel elle dissimule son vrai visage. Ce vrai visage est selon Irénée, celui de l’orgueil spirituel par lequel le gnostique en vient à se croire supérieur aux autres et même à Dieu. Eternelle tentation qui nous guette aujourd’hui comme hier.

Père Vidalin

 

Copyright © www.sjbg.org 2004-2009 | SPIP 1.9.2c [10268]