La maladie, la mort, la vie
Notre monde, pour l’homme biblique, dépend entièrement de l’action divine. La maladie ne fait pas exception. Dieu donne à l’homme une plénitude de force vitale afin de vivre. Le pécheur, parce que pécheur, entre dans un état de faiblesse et de débilité. Les causes naturelles ne sont pas recherchées, pour l’homme religieux la maladie est en lien avec le péché, elle est un signe de la colère de Dieu envers ce monde pécheur.
Reste une question que l’Ancien Testament n’a pas résolue : qui a péché ? car la maladie frappe aussi les justes.
La lèpre est le mal par excellence, Dieu en frappe ceux qui lui résistent, elle est le signe même du péché. Aussi est-elle d’abord une impureté contagieuse, une opposition fondamentale à Dieu. Elle interdit tout contact avec le sacré, empêche de participer au culte, ne permet pas de prier. Donc on ne guérit pas de la lèpre, on en est purifié, on est rendu au peuple de Dieu pour louer le Seigneur.
Jésus rencontrera des malades, des possédés d’esprit impur (ce qui est identique pour l’homme biblique). Devant le mal dont les hommes souffrent, face à ce qui exprime le péché, la non-vie avec Dieu, Jésus éprouve de la pitié. Il ne peut qu’exprimer la miséricorde divine. Il est venu chercher les hommes parce qu’ils sont pécheurs. La maladie est alors le symbole dans lequel se trouve l’humanité. Spirituellement, l’humain est sourd, aveugle, paralysé, lépreux… il refuse Dieu. La guérison est elle aussi un symbole : « je le veux, sois purifié ». Jésus est le médecin des pécheurs, il enlève les infirmités et les maladies, ce qui empêche de vivre, il les prend sur lui et rend l’homme capable de vivre avec Dieu.
Avec Jésus, la souffrance prend un sens nouveau. Lui aussi va souffrir dans son corps et c’est avec son corps, sa main, qu’il touche les malades. En contact avec le corps du Fils de Dieu, l’homme s’aperçoit qu’il peut vivre, dans son corps, en enfant de Dieu. La souffrance demeure toujours une épreuve, mais si on le veut, elle unit au Christ souffrant. La maladie n’est pas une punition, elle n’empêche pas de vivre avec Dieu et même d’être son image en ce monde.
Père Claude Navarre, prêtre

